Fiscalité

Plus-value immobilière : comment estimer et réduire l’imposition lors d’une revente

Par Maxime
5 minutes

Comprendre la notion de plus-value immobilière


À l’occasion de la vente d’un bien immobilier (maison, appartement, terrain), la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition constitue la plus-value. Cette somme, une fois certains abattements et frais pris en compte, est soumise à l’imposition selon des règles strictes. Il est donc essentiel, avant toute cession, de bien comprendre comment calculer cette plus-value et quels leviers permettent d’en réduire la fiscalité.


Comment se calcule la plus-value lors de la revente ?


La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de vente réel, diminué des frais supportés par le vendeur (diagnostics obligatoires, mainlevée d’hypothèque…), et le prix d’achat majoré de certains frais et dépenses travaux. Le calcul suit une logique fiscale propre :


  • Prix de vente : il s’agit du montant réel de la transaction, hors mobiliers vendus avec le bien, duquel on déduit certains frais (par exemple, commission d’agence à la charge du vendeur).
  • Prix d’acquisition : il comprend le prix réellement payé à l’origine, augmenté des frais d’acquisition (notaire, droits d’enregistrement), forfaitairement évalués à 7,5% ou sur justificatifs.
  • Dépenses de travaux : sur justificatifs, ou en optant de plein droit pour un forfait de 15% (pour les biens détenus plus de 5 ans), à ajouter au prix d’acquisition.

La plus-value imposable résulte de ce calcul, avant application d’abattements pour durée de détention.


Quelles sont les règles d’imposition applicables ?


La plus-value est taxée à deux niveaux :


  • Impôt sur le revenu : taux de 19% sur la plus-value taxable.
  • Prélèvements sociaux : 17,2% supplémentaires (CSG, CRDS, etc.).

Au total, la fiscalité se monte à 36,2% hors surtaxe éventuelle. Certaines situations entraînent une exonération automatique ou partielle, en raison de la nature du bien ou de la durée de détention.


Quand la plus-value immobilière est-elle exonérée ?


  • Vente de la résidence principale : exonération totale, peu importe le montant ou la durée de détention.
  • Biens autres que la résidence principale (résidence secondaire, investissement locatif, terrains à bâtir) : exonération partielle par abattement pour durée de détention au-delà de 5 ans. Après 22 ans de détention, la plus-value est exonérée d’impôt sur le revenu, et après 30 ans de prélèvements sociaux.
  • Cas particuliers : vente d’un bien pour acquérir une première résidence principale, expropriation, invalidité, retraités modestes, logements sociaux vendus à des locataires, etc.

Optimiser la plus-value : comment réduire la base taxable ?


Plusieurs leviers, accessibles à tout vendeur, permettent de réduire la plus-value imposable.


  • Déclarer toutes les dépenses de travaux : factures à l’appui, les travaux d’amélioration ou de construction (hors entretien courant) sont ajoutés au prix d’acquisition. Pour les biens détenus plus de 5 ans, le forfait de 15% sans justificatifs est souvent plus avantageux, surtout si les factures ont été égarées.
  • Détailler précisément les frais d’acquisition : vous pouvez choisir de retenir le forfait de 7,5% ou de justifier du montant exact (honoraires de notaire, droits d’enregistrement).
  • Déduire certains frais de vente : commissions d’agence supportées par le vendeur, frais obligatoires (diagnostics, mainlevée hypothécaire).
  • Appliquer les abattements pour durée de détention :
    • Impôt sur le revenu : 6% d’abattement/an entre la 6e et la 21e année, 4% la 22ème → exonération complète au bout de 22 ans.
    • Prélèvements sociaux : 1,65%/an de la 6e à la 21e année, 1,60% la 22e, puis 9%/an de la 23e à la 30e année.

Un simulateur officiel de l’administration fiscale permet d’estimer précisément l’impôt en intégrant ces paramètres (consultable ici).


Cas pratiques : points de vigilance lors de la cession


Vente d’une résidence locative ou secondaire


Pour ces biens, l’imposition est la règle. Rassembler systématiquement toutes les factures de travaux (toiture, ravalement, cuisine, chauffage, etc.) est essentiel pour augmenter la base d’acquisition. Si aucune facture n’a été conservée et que le bien a plus de 5 ans, optez pour le forfait de 15%.


Vente d’un terrain à bâtir


Ici, la règle est identique, mais l’abattement n’a commencé à courir que depuis 2014. Quelques exonérations temporaires incitent toutefois parfois à accélérer la vente (en faveur du logement social, etc.).


Vente en indivision ou via une SCI


Les abattements s’appliquent individuellement à chaque associé selon la date d’achat de sa propre part. Vigilance si une société a changé de forme ou de régime fiscal récemment.


Comment anticiper et alléger la fiscalité ?


  1. Simulez très tôt la plus-value : avant d’envisager la mise en vente, faites le point sur la détention, la liste des travaux, et consultez un notaire ou expert-comptable spécialisé.
  2. Organisez votre dossier de vente : rassemblez dès à présent les devis, factures, attestations notariées, quitte à solliciter d’anciens entrepreneurs ou artisans.
  3. Privilégiez des ventes à stratégie d’exonération : profitez (si possible) du statut de résidence principale, ou échelonnez la vente de plusieurs biens afin de limiter le poids fiscal sur une seule année.
  4. Pensez à la donation avant-vente dans certains cas familiaux : un don manuel ou une donation-partage suivie rapidement d’une vente par l’héritier peut, dans certains cas, supprimer ou réduire fortement l’imposition. À étudier avec un notaire !

Foire aux questions : vendre un bien et optimiser la plus-value


La vente d’un terrain bénéficie-t-elle des mêmes règles d’abattement que les autres biens ?

Depuis 2014, les terrains à bâtir bénéficient du même abattement pour durée de détention que les logements. Toutefois, des mesures temporaires peuvent exister pour favoriser certains types de cessions (notamment pour le logement social).


Quels travaux sont déductibles de la plus-value ?

Tous les travaux de construction, agrandissement, amélioration (et non d’entretien ou d’embellissement courant), facturés par une entreprise, sont pris en compte. Les matériaux seuls ou les travaux réalisés soi-même ne le sont pas.


Je vends en ayant fait de la location meublée : y a-t-il une particularité ?

Oui, si vous déclariez ces revenus sous le régime réel BIC (Loueur Meublé Non Professionnel ou Professionnel), la taxation suit les règles du BIC et non de la plus-value des particuliers. Regardez précisément votre déclaration fiscale !


Quels risques à négliger la préparation du calcul ?

Oublier de valoriser des frais ou travaux peut majorer la base taxable et rendre l’opération moins rentable, d’où l’importance d’une bonne anticipation et, si possible, d’un accompagnement par un spécialiste (notaire, expert-comptable).


Conseils pratiques pour limiter la fiscalité lors d’une revente immobilière


  1. Préparez la revente plusieurs mois à l’avance pour regrouper tous les justificatifs.
  2. Ne sous-estimez pas les règles de résidence principale : habitez effectivement et régulièrement le bien avant de vendre pour prétendre à l’exonération.
  3. Pensez à l’option du forfait de 15% pour les travaux si les factures manquent et le bien est détenu depuis plus de 5 ans.
  4. Négociez, si la situation le permet, une vente progressive ou fractionnée (en usufruit, nue-propriété).
  5. Consultez systématiquement un professionnel pour les montages complexes : indivision, SCI, démembrement de propriété, changement de régime fiscal.

En résumé, réussir la revente d’un bien immobilier tout en limitant la fiscalité sur la plus-value supose préparation, anticipation et bonne compréhension des règles fiscales. Pour aller plus loin, retrouvez nos simulateurs détaillés, fiches pratiques, et modèles de lettres sur immo-pratique.fr, votre partenaire d’expertise pour optimiser chaque étape de votre projet immobilier.

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