Diagnostics & normes

Les diagnostics immobiliers obligatoires en location saisonnière : ce qu’il faut savoir

Par Maxime
6 minutes

Comprendre le cadre des diagnostics immobiliers en location saisonnière

Louer un logement en courte durée, sur des plateformes comme Airbnb, Abritel ou Booking, n’exonère pas des obligations réglementaires applicables à tout bailleur. Au cœur de ces exigences, la réalisation et la remise de diagnostics techniques constituent une étape incontournable tant pour garantir la sécurité des voyageurs que pour protéger le propriétaire en cas de litige. Pourtant, la nature exacte des diagnostics à fournir diffère, notamment par rapport à une location classique non meublée à l’année.
Quels documents sont requis pour une location saisonnière, à qui les transmettre et comment constituer un dossier conforme sans se tromper ? Décryptage et conseils pratiques pour éviter les mauvaises surprises lors de la mise en location.


Diagnostiquer l’état du logement : objectifs et principes généraux

Obligatoires depuis la loi SRU et renforcées par la loi ELAN, les expertises immobilières visent à informer le locataire sur l’état général du bien, sa sécurité et sa consommation énergétique. On parle de Dossier de Diagnostics Techniques (DDT).
Dans le cas d’une location saisonnière, c’est-à-dire un bail d’une durée maximale de 90 jours consécutifs, renouvelable mais non reconductible de manière permanente par le même occupant, la règlementation adapte la liste et le mode de remise des diagnostics.
Les locations saisonnières incluent maisons, appartements, chambres d’hôtes, gîtes et même logements insolites dès lors qu’ils sont loués meublés à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile.


Quels diagnostics sont strictement obligatoires pour la location saisonnière ?

  • Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) : Depuis 2021, le DPE est rendu opposable et sa présentation est obligatoire, même pour les locations touristiques, à l’exception de certains logements saisonniers très particuliers (hébergements non clos, mobilhomes, etc.). Pour la location meublée saisonnière, il doit être réalisé à l’initiative du loueur et mentionné dans toutes les annonces, quel que soit le support. Son absence peut conduire à une sanction pécuniaire et à la nullité du contrat.
  • Diagnostic Plomb (CREP) : Applicable à tous les logements construits avant 1949. Le message de prévention sur les risques d’exposition au plomb doit être affiché dans le logement. Si le CREP mentionne la présence de plomb à des seuils supérieurs à la norme, des travaux seront exigés pour continuer à louer légalement.
  • Diagnostic Amiante : Pour les appartements ou maisons dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, le diagnostic amiante (DTA) est obligatoire. Son résultat doit pouvoir être consulté par tout locataire saisonnier qui en fait la demande.
  • État des risques et pollutions (ERP) : Il doit être annexé à chaque contrat de location, même saisonnière, et mentionne les risques d’inondation, de sismicité, de pollution des sols ou de retraits-gonflements d’argiles ; valable 6 mois. Les communes concernées sont listées par arrêtés préfectoraux.
  • Diagnostic Électricité et Gaz : En location saisonnière, ces diagnostics sont obligatoires pour tout logement dont l’installation électrique ou gaz date de plus de 15 ans. Ils informent sur la sécurité des installations et préviennent les risques d’accident domestique.
  • État d’amiante des parties communes (pour les appartements) : Obligation d’informer le locataire sur la présence d’amiante dans les parties communes (DAPP), même en location courte.

Comment et quand remettre les diagnostics au locataire ?

Dans le cadre d’une location saisonnière, la loi précise que les diagnostics doivent être remis avant la conclusion du contrat. Ils peuvent l’être en version papier ou électronique.
Pour les plateformes ou agences intermédiaires, le DPE et l’ERP doivent apparaître dès la mise en annonce. En cas de location directe, il convient d’annexer ces documents au contrat ou de les transmettre lors de la remise des clés.
En pratique, la plupart des sociétés de gestion locative saisonnière et plateformes exigeront la transmission préalable de ces diagnostics avant de publier votre annonce.
En cas de contrôle ou de litige (incident, sinistre, blessure du locataire…), le propriétaire devra prouver la régularité de l'information via ces documents. Les amendes pour manquement peuvent dépasser 3 000 euros (voire plus pour défaut de DPE ou non remise des diagnostics gaz/électricité en cas d'accident grave).


Cas particuliers et exceptions en location touristique

  • Logements atypiques : Certains hébergements (yourtes, cabanes, habitats légers) peuvent être exemptés de DPE ou d’amiante selon leur nature. Mieux vaut interroger un diagnostiqueur pour s’assurer du périmètre applicable.
  • Bail rural ou location de chambres d’hôtes : Certaines locations à la nuitée ou à vocation agricole n’entrent pas toujours dans le champ des obligations classiques ; toutefois, l’information sur les risques majeurs (ERP) demeure impérative.
  • Logements neufs ou récemment rénovés : Les diagnostics moins de 10 ans (DPE, amiante, électricité/gaz) restent valides sur toute la période.

Durée de validité et actualisation des diagnostics

  • DPE : 10 ans (sauf modifications importantes du logement).
  • Diagnostic Plomb : 6 ans en location, mais illimité si négatif.
  • Diagnostic Amiante : Illimité sauf évolution de la réglementation ou travaux entraînant une nouvelle expertise.
  • Gaz et électricité : 6 ans.
  • ERP : 6 mois. Doit être refait ou réédité à chaque nouvelle location si la période de validité est dépassée.

Sanctions et risques en cas de défaut de diagnostic

En l’absence des diagnostics obligatoires, le propriétaire s’expose à des risques juridiques et financiers :

  • Annulation du contrat ou réduction du loyer à la demande du locataire
  • Dommages et intérêts si le défaut de diagnostic a causé un préjudice (notamment en cas d’intoxication, accident électrique…)
  • Sanctions administratives et amendes, contrôlées localement par la DGCCRF ou le maire de la commune dans le cas de locations saisonnières illégales
Par ailleurs, certaines assurances (RC civile, multirisque propriétaire) peuvent refuser de couvrir un sinistre dans un logement dont le diagnostic de sécurité n’est pas à jour.


Bonnes pratiques pour gérer les diagnostics en location saisonnière

  1. Anticipez la réalisation des diagnostics avant la première mise en location (contactez un diagnostiqueur certifié, regroupez les examens pour réduire les coûts).
  2. Conservez tous les documents au format électronique pour les transmettre facilement à chaque demande de réservation, ou en cas de contrôle.
  3. Affichez le DPE, l’ERP et la mention d’informations sur le plomb dans le logement, sur la fiche d’accueil voire dans le livret à destination des locataires.
  4. Mettez à jour l’ERP tous les 6 mois, en vérifiant la situation de la commune et les informations préfectorales.
  5. En cas de travaux, rénovation ou ajout d’un nouvel équipement électrique ou gaz, pensez à réactualiser les diagnostics concernés.
  6. Consultez régulièrement l’évolution de la réglementation pour les locations de courte durée, notamment dans les zones touristiques soumises à des contrôles renforcés (Paris, Lyon, Bordeaux, littoral, etc.).

FAQ pratique sur les diagnostics en location courte durée

Dois-je fournir les diagnostics pour chaque nouveau locataire en saisonnier ?

Oui, même si le logement est loué pour quelques nuits, chaque locataire est réputé informé. Remettez le DPE, l’ERP, et sur demande, tout autre diagnostic. Le mieux est de transmettre les documents lors de la confirmation de réservation ou de les afficher dans l’appartement.


Puis-je réaliser moi-même certains diagnostics ?

Non : seuls les professionnels certifiés et habilités peuvent établir les diagnostics officiels (DPE, plomb, amiante, gaz, électricité…). L’ERP, en revanche, peut être rempli par le bailleur via le téléservice gouvernemental, à condition de consulter les arrêtés locaux à jour.


Combien coûtent les diagnostics pour une location saisonnière ?

Le coût varie selon la taille du logement et le nombre d’expertises requises. Comptez entre 200 € et 350 € pour l’ensemble DPE, amiante, plomb, gaz et électricité. Le prix peut baisser si plusieurs diagnostics sont réalisés en même temps ou si votre lot est récent (diagnostics existants).


Les plateformes type Airbnb contrôlent-elles la présence des diagnostics ?

De plus en plus de plateformes demandent a minima le DPE et l’ERP lors de la publication de l’annonce. Certaines plateformes françaises exigent le dépôt de tous les diagnostics en amont pour se prémunir contre d’éventuels recours.


Les diagnostics sont-ils obligatoires pour une chambre louée chez l’habitant ?

Oui, dès lors que la pièce est proposée indépendamment et à titre onéreux, les mêmes exigences s’appliquent que pour un logement entier (hors exceptions spécifiques liées à la nature du logement ou à sa date de construction).


À retenir : réussir sa location saisonnière en toute légalité

  1. Conduisez tous les diagnostics obligatoires dès la mise en location, sans attendre une première réservation.
  2. Affichez ces documents et mettez-les à disposition du locataire à chaque arrivée.
  3. Pensez à renouveler l’ERP tous les 6 mois ou à chaque évènement de nature à modifier l’état des risques (travaux, crues majeures, arrêté préfectoral).
  4. Conservez les copies au format numérique pour simplifier la communication avec les voyageurs et répondre aisément aux demandes de contrôle.
  5. Restez vigilant face à l’évolution réglementaire ; la France renforce régulièrement les exigences sur le segment du tourisme locatif.

Pour des modèles de dossiers, la liste complète des obligations locales et des guides pratiques pour bailleurs saisonniers, retrouvez tous nos outils et fiches pratiques sur immo-pratique.fr. Notre équipe vous accompagne pour mettre votre location en conformité et optimiser votre gestion, de l’annonce à la restitution des clés, en toute simplicité.

Articles à lire aussi
immo-pratique.fr