Marché & tendances

Immobilier neuf ou ancien : quelles tendances pour les prochaines années ?

Par Maxime
6 minutes

Deux marchés, deux dynamiques : l’immobilier neuf et ancien face à l’évolution de la demande

Choisir entre un logement neuf et un bien ancien est une question centrale pour tout acquéreur ou investisseur immobilier. Si le neuf séduit par ses performances énergétiques et ses garanties, l’ancien reste plébiscité pour son charme et souvent pour le prix au mètre carré plus accessible, hors travaux. Mais au-delà des préférences individuelles, l’observation des mouvements du marché révèle des tendances de fond, dictées par les évolutions sociétales, réglementaires, économiques et technologiques. Où vont les marchés du neuf et de l’ancien pour les prochaines années ? Décodage utile pour préparer ses projets immobiliers.


Le marché du neuf : résilience et défis à l’heure des transitions

La construction neuve a longtemps été le moteur visible de l’offre immobilière en France, adaptée aux évolutions du mode de vie urbain, à l’étalement périurbain ou aux attentes en matière de qualité de vie. Pourtant, ce marché traverse depuis la crise sanitaire une zone de turbulences marquée par une baisse des ventes et des mises en chantier, conjuguée à l’augmentation des coûts de construction (matériaux, main-d’œuvre, normes environnementales plus strictes).


Dans les prochaines années, trois tendances vont remodeler en profondeur l’immobilier neuf :


  • Accentuation de la pression réglementaire : la RE2020 (Réglementation environnementale) impose des standards élevés de performance énergétique, de réduction carbone et de confort d’été. Cela accroît la qualité mais alourdit les coûts, répercutés sur le prix final et donc l’accès à la propriété.
  • Raréfaction du foncier et densification : les maires et collectivités limitent la consommation d’espaces naturels ou agricoles, favorisant la construction sur des friches ou par transformation de bureaux. La densité urbaine et la requalification deviennent les moteurs du neuf.
  • Innovation et modularité : la demande monte pour des logements adaptables, connectés, et pour une offre innovante (immeubles à ossature bois, logements évolutifs, habitat participatif ou coliving haut de gamme).

Conséquence : le marché du neuf devrait rester sous tension, focalisé sur la qualité, avec une production annuelle réduite mais mieux ciblée, principalement dans les zones tendues (grandes agglomérations, littoral, zones frontalières).


L’ancien : attractivité durable mais transformation profonde

Même avec les dispositifs d’aide à l’achat dans le neuf (prêt à taux zéro, exonérations temporaires de taxe foncière…), l’ancien capte encore la majorité des transactions : plus de 4 ventes sur 5 chaque année selon les chiffres des notaires. Mais ce marché subit aussi des mutations, portées par les politiques nationales et les impératifs écologiques.


Les grandes évolutions à surveiller dans l’immobilier ancien :


  • L’enjeu de la rénovation énergétique : avec l’interdiction progressive de location des “passoires thermiques” (DPE classés F et G), la rénovation devient fondamentale. Les biens énergivores perdent rapidement de la valeur, et les aides publiques (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, accompagnement MonAccompagnateurRénov’) structurent le marché.
  • Appétence pour le “prêt à habiter” : la demande se concentre davantage sur les logements anciens déjà rénovés et conformes aux nouvelles normes, ou ceux nécessitant des travaux légers. Les acquéreurs veulent entrer rapidement et limitent leur exposition aux coûts de rénovation, jugés risqués dans un contexte d’inflation des matériaux et des artisans très sollicités.
  • Relocalisation et retour des villes moyennes : le vieux rêve de la maison à la campagne redevient tendance, mais de façon sélective. Les marchés dynamiques restent ceux des centres-villes attractifs, bien reliés, où le bâti ancien offre un fort potentiel patrimonial et locatif.

L’immobilier ancien va donc voir s’accroître la polarisation entre biens rénovés, “verts”, à forte liquidité, et ceux nécessitant une lourde remise à niveau, plus difficiles à vendre ou à louer et sujets à des décotes croissantes.


Investir : arbitrages fiscaux et patrimoniaux à revisiter

Pour les investisseurs, le choix entre neuf et ancien dépendra davantage que jamais des objectifs : rendement locatif immédiat ou patrimonialisation à long terme, régime fiscal, capacité à piloter des travaux, horizon de détention.


  • Dans le neuf, les investisseurs continueront de s’appuyer sur les dispositifs de défiscalisation (loi Pinel, parfois encore Pinel+, ou dispositifs locaux adaptés), mais devront veiller à la rentabilité brute face à un prix d’achat élevé.
    La vacance étant rare dans le secteur réglementé (notamment en zone tendue), le risque locatif reste limité si l’emplacement est bien choisi.
  • Dans l’ancien, les stratégies patrimoniales se renforceront autour de deux axes : l’achat de biens à rénover pour les transformer en “produits verts” avec fiscalité avantageuse (déficit foncier, Denormandie, etc.), et l’acquisition de biens déjà conformes bénéficiant d’une valorisation accélérée au gré de la règlementation énergétique.

L’avantage du coût du foncier et la meilleure rentabilité brute dans l’ancien s’opposent au confort de gestion et aux garanties du neuf (dommage-ouvrage, décennale, conformité).


Marché et tendances prix : cycles divergents mais corrélés

L’analyse des prix montre actuellement un tassement général sur l’ensemble du marché immobilier, avec toutefois des écarts croissants selon la nature du bien et sa localisation. Sur le neuf, la raréfaction de l’offre tire les prix à la hausse malgré la baisse des volumes ; sur l’ancien, la décote s’accentue pour les biens énergivores ou obsolescents, alors que les “produits prêts à habiter” se vendent au prix fort. Les prochaines années devraient amplifier ce mouvement : la qualité, la performance énergétique et l’emplacement priment sur le reste.


Attention également : le resserrement du crédit impacte directement la capacité des primo-accédants à acheter du neuf (apport plus élevé requis, mensualités plus importantes), ce qui pourrait accentuer la tension sur le stock de logements anciens attractifs. Les investisseurs attentifs surveilleront donc les dispositifs d’aide, les évolutions fiscales et la capacité à financer ou à valoriser leurs acquisitions.


Perspectives à retenir : un marché de l’exigence et de la sélectivité

  • Le neuf : pénurique, plus coûteux, valorisé par l’innovation et la demande croissante de qualité environnementale. Les grandes métropoles, la côte (Atlantique, Méditerranée) et les villes bien desservies resteront les points chauds, mais la hausse du ticket d’entrée impose de la prudence.
  • L’ancien : à double vitesse : attractif pour les biens rénovés et performants, potentiellement en difficulté pour ceux sans confort énergétique ou mal situés. La rénovation devient la clé de la valorisation, avec un effet ciseau croissant entre biens “verts” et logements à rénover.
  • Le conseil : analysez avec soin le cycle local, le potentiel de rénovation, l’état réglementaire de chaque bien. Acceptez de prioriser la qualité et la performance sur la surface ou la localisation secondaire.

FAQ pratique : choisir entre neuf et ancien, questions courantes

Quels sont les frais annexes à anticiper pour l’achat dans le neuf versus l’ancien ?

Dans le neuf, les frais de notaire sont réduits (environ 2,5 %), alors qu’ils atteignent 7 à 8 % dans l’ancien. Mais attention au coût des travaux d’aménagement dans les appartements neufs livrés “brut” (cuisine, sols, rangements). Dans l’ancien, vérifiez toujours le coût réel des travaux : diagnostic structurel, rénovation énergétique.


Existe-t-il des aides pour acheter dans le neuf ?

Oui : les dispositifs de type Prêt à Taux Zéro (PTZ), baisse temporaire de taxe foncière, ou encore TVA réduite en zones prioritaires. Attention, l’accès à ces aides dépend de la localisation, des revenus et du projet (résidence principale).


Peut-on encore investir dans un “passoire thermique” en vue de la louer ?

Cela devient risqué : à partir de 2025, la location de logements classés G puis F sera progressivement interdite. L’acquisition ne se justifie que si le programme de rénovation est solide, avec budget maîtrisé et accompagnement professionnel (aides MaPrimeRénov’, etc.).


Le neuf est-il toujours plus cher au final ?

À l’achat, oui, en raison des coûts de construction et du foncier meilleur. Mais la facture énergétique, l’absence de lourds travaux et les garanties (décennale, biennale, parfait achèvement) compensent souvent sur dix ou vingt ans, en particulier si la revente s’envisage dans une période de tension sur l’offre.


En résumé : bien préparer son choix pour suivre les tendances du marché

  1. Évaluez honnêtement vos priorités : performance énergétique, tranquillité, emplacement, facilité de gestion ou potentiel de personnalisation.
  2. Pesez le coût global (prix, frais d’acquisition, coût des travaux ou de la déco, fiscalité, aides mobilisables).
  3. Intégrez la réglementation à venir dans votre stratégie d’achat ou d’investissement : DPE, interdiction de location, aides à la rénovation, fiscalité.
  4. Anticipez sur les “effets de rareté” : le neuf bien situé et l’ancien rénové se valoriseront, alors que les biens intermédiaires ou délaissés subiront des corrections de prix parfois sévères.
  5. Faites-vous accompagner par un notaire, un diagnostiqueur et un conseiller en financement pour éviter les mauvaises surprises et profiter des meilleures opportunités.

Conseil pratique : Envisagez systématiquement une simulation chiffrée “neuf vs ancien” sur une même zone en intégrant tous les coûts (acquisition, travaux, charges, fiscalité), pour un arbitrage serein et sur-mesure. Retrouvez des guides détaillés, benchmarks et simulateurs sur immo-pratique.fr pour accompagner chacun de vos projets immobiliers, quel que soit le cycle de marché.

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