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États des lieux : les points clés à ne pas négliger

Par Maxime
5 minutes

Pour bien réussir son état des lieux : comprendre le rôle de ce document incontournable

L’état des lieux est bien plus qu’une simple formalité lors de l’entrée ou de la sortie d’un logement, qu’il soit loué vide ou meublé. Ce document détaillé, établi conjointement par le locataire et le propriétaire (ou leur représentant), permet de décrire précisément l’état de chaque pièce, des équipements et des installations. Sa portée est juridique : il engage les deux parties, sert de référence en cas de litiges et conditionne le montant de la restitution du dépôt de garantie.


Pourquoi l’état des lieux revêt-il autant d’importance ?

Du point de vue du locataire, l’état des lieux d’entrée protège contre d’éventuelles retenues injustifiées. Du côté du bailleur, l’état des lieux de sortie garantit d’être indemnisé si le bien est rendu dégradé au-delà de l’usure normale. Un état des lieux bâclé ou incomplet ouvre la porte aux conflits, parfois longs et coûteux.

Ce que la législation impose : cadre et obligations

Depuis la loi ALUR, l’état des lieux est strictement encadré. Il doit être réalisé à l’entrée puis à la sortie, sur un support papier ou numérique, en autant d’exemplaires que de parties, et signé par toutes les parties. Le document doit mentionner :

  • La date de réalisation et l’adresse du logement
  • Le nom et les coordonnées des parties présentes
  • Le relevé de compteurs (eau, gaz, électricité)
  • Le nombre de clefs et badges remis
  • La description précise de chaque pièce, équipement et revêtement
  • Le cas échéant, la liste des réserves formulées lors de l’état des lieux

Étape par étape : comment bien préparer son état des lieux ?

L'état des lieux ne s’improvise pas. Pour éviter oublis ou approximations, voici une méthode éprouvée :

  1. Prévoir du temps : comptez une à deux heures pour un appartement moyen.
  2. Utiliser un modèle précis : inspirez-vous de modèles officiels ou proposés sur immo-pratique.fr.
  3. Vérifier l’éclairage : préférez la lumière du jour pour tout observer.
  4. Se munir d’outils : lampe de poche, appareil photo ou smartphone, tournevis pour tester prises et fenêtres.
  5. Inviter toutes les parties concernées : propriétaire, locataire, parfois l’agence ou un tiers témoin.

Checklist : quels éléments doivent absolument être examinés ?

La visite doit couvrir l’intégralité du logement, pièce par pièce. Voici les points à ne pas négliger :

  • Murs, plafonds, sols : état des peintures, papiers peints, traces d’humidité, fissures, propreté générale, rayures ou trous éventuels.
  • Portes et fenêtres : fonctionnement, présence de clefs, qualité de la fermeture, vitrage, volets ou stores.
  • Installations électriques : prises, interrupteurs, présence de disjoncteur, éclairage dans chaque pièce.
  • Plomberie : robinets, évacuations, fuites éventuelles, pression de l’eau, chauffe-eau.
  • Cuisine : état de l’évier, de la hotte, du plan de travail, des meubles, des plaques et du four (pour les locations meublées).
  • Salle de bains/WC : état de la baignoire ou douche, lavabo, robinetterie, joints, chasse d’eau.
  • Bruits, odeurs, traces d’infiltration : ne pas hésiter à ouvrir, sentir et tester chaque élément.
  • Équipement fourni : chaque ustensile, électroménager ou meuble doit être listé et examiné individuellement (meublé).
  • Extérieurs (balcon, cave, parking) : état du sol, accès, portail, état de la cave, du local à vélos, etc.
  • Relevés de compteurs : indispensables pour ne pas payer la consommation de l’ancien occupant.

Photographier son état des lieux : la preuve par l’image

Si la loi n’impose pas les photos, elles sont fortement conseillées. Prenez des clichés de chaque pièce, des défauts apparents, des équipements (notamment en cas d’usure ou d’anomalie) et des relevés de compteurs. Joignez-les en annexe à l’état des lieux : ils pourront être précieux en cas de désaccord ultérieur.

Usure normale ou dégradation ? Savoir faire la différence

L’entretien courant et l’usure « normale » (dite aussi « vétusté ») restent à la charge du propriétaire. À l’inverse, les dommages, cassures ou salissures inhabituelles relèvent de la responsabilité du locataire.
Il existe des grilles de vétusté (notamment dans le parc social) qui précisent, par type d’équipement, la durée de vie moyenne et l’usure qui ne peut être facturée au locataire. N’hésitez pas à vous référer à ces tableaux comparatifs lors de l’état des lieux de sortie.

Gérer les désaccords et les réserves lors de l’état des lieux

Si un point fait débat, il est essentiel de le mentionner par écrit dans le document (exemple : « tache sur le mur chambre 2, désaccord sur l’origine, réserve émise par le locataire »). À défaut d’accord amiable, les parties peuvent faire appel à un huissier. Son état des lieux, payant, s’imposera alors et le coût sera partagé.


Modifications en cours de bail : comment signaler les nouveaux défauts ?

Pendant le premier mois suivant l’entrée, le locataire peut demander par lettre recommandée avec AR à ajouter des éléments non relevés (fuite discrète, prise non fonctionnelle, etc.). Passé ce délai, toute dégradation constatée sera réputée de son fait, sauf preuve contraire.

Que faire en cas d’état des lieux « non contradictoire » ou non réalisé ?

Si l’une des parties refuse d’être présente, il est possible de faire appel à un tiers (ami, professionnel) ou à un huissier pour le constater. L’absence d’état des lieux d’entrée entraîne une présomption de bon état au départ du locataire, sauf preuve contraire, ce qui peut aboutir à des conflits importants.


FAQ : Réponses rapides aux situations fréquentes

Peut-on envoyer l’état des lieux par mail ?

Oui, à condition que chaque partie ait préalablement accepté ce mode de transmission et qu’une signature électronique valide la version numérique.


Le propriétaire peut-il retenir tout le dépôt en cas de litige ?

Non : seules les sommes justifiées (devis ou factures à l’appui, pour des dégradations effectives) peuvent légalement être retenues, dans les délais prévus par la loi (1 à 2 mois après restitution des clés).


Doit-on régler les petits trous dans les murs ?

Les trous laissés par des tableaux ou étagères peuvent être considérés comme usure normale, sauf excès manifeste. Si la remise en état nécessite des travaux, une quote-part peut être prélevée sur le dépôt.


Conseils pratiques pour un état des lieux sans mauvaise surprise

  • Ayez toujours un exemplaire de l’état des lieux signé au moment de la remise des clés.
  • Lisez attentivement chaque page, contestez immédiatement toute mention inexacte.
  • Privilégiez les descriptions objectives et détaillées : « bon état général », « rayure d’environ 3 cm sur carrelage », « ampoule grillée ».
  • Ne négligez pas les dépendances, balcons, caves et parkings.
  • Photographiez ce qui semble d’emblée litigieux (taches, jointures, petites fissures).
  • Consultez les modèles, exemples et tutoriels proposés sur immo-pratique.fr avant la signature pour vous repérer.

En résumé : les 7 erreurs à éviter lors d’un état des lieux

  1. Réaliser l’état des lieux trop vite ou sous une lumière insuffisante.
  2. Négliger une pièce ou un élément d’équipement (compteurs, cave, électroménager).
  3. Sous-estimer l’importance des photos prises sur place.
  4. Laisser un tiers, non habilité, signer à votre place.
  5. Accepter un modèle trop vague ou partiel.
  6. Ne pas rédiger ni officialiser les réserves au moment de la visite.
  7. Attendre plusieurs semaines pour réclamer un correctif : passé un mois, il est souvent trop tard !

Conseil pratique : Prévoyez le temps nécessaire, focalisez-vous sur chaque détail, et n’hésitez pas à demander l’appui de professionnels ou d’outils téléchargeables sur immo-pratique.fr. Mieux vaut un état des lieux complet et objectif que de découvrir un litige plusieurs mois plus tard : vous protégerez ainsi vos droits et éviterez les mauvaises surprises, quel que soit votre statut de locataire ou de propriétaire.

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