Fiscalité

Taxe d’habitation et résidence secondaire : ce que dit la loi en 2024

Par Maxime
6 minutes

Comprendre la fiscalité des résidences secondaires en France


Avec la suppression progressive de la taxe d’habitation sur la résidence principale, la fiscalité immobilière a connu de réels bouleversements en France ces dernières années. Toutefois, pour les propriétaires de résidences secondaires, la situation est bien différente. En 2024, la taxe d’habitation sur les logements non occupés à titre de résidence principale reste un impôt incontournable, dont les modalités d’application méritent d’être décryptées. Exonérations, surtaxes, obligations déclaratives : voici l’essentiel à savoir pour anticiper ce poste budgétaire souvent méconnu.


Taxe d’habitation : disparition effective sur la résidence principale


Depuis janvier 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale a été totalement supprimée : plus aucun ménage n’y est assujetti, quel que soit son niveau de revenus. Cette réforme, plébiscitée comme un allègement du pouvoir d’achat, ne concerne cependant que la résidence principale dûment déclarée comme telle auprès de l’administration fiscale.


Dès lors, un grand nombre de propriétaires découvrent que leur(s) résidence(s) secondaire(s) restent, elles, redevables d’une taxe d’habitation, augmentée même dans de très nombreuses communes. L’État laisse en effet la main aux collectivités locales pour alourdir la facture au gré des tensions sur le marché du logement.


Définition d’une résidence secondaire selon la loi fiscale


Juridiquement, la résidence secondaire désigne tout logement occupé occasionnellement ou pour les loisirs, distinct de la résidence principale, occupée au moins huit mois par an. Cela inclut :


  • Les maisons de vacances ou de week-end
  • Les appartements utilisés lors des déplacements professionnels ponctuels
  • Un logement détenu pour préparer la retraite ou pour du locatif saisonnier entre deux usages personnels

Même inoccupé, un bien peut être considéré comme résidence secondaire du propriétaire s’il n’est pas loué à l’année ou utilisé comme résidence principale.


Qui doit payer la taxe d’habitation en 2024 sur une résidence secondaire ?


Toute personne propriétaire, usufruitière ou occupante à titre gratuit d’une résidence secondaire au 1er janvier de l’année d’imposition reste tenue de régler la taxe d’habitation. Le paiement incombe à celui qui occupe ou détient le logement à cette date, y compris dans le cas d’un logement laissé vacant ou mis à disposition d’un proche gratuitement.


En copropriété, la taxe d’habitation est individuelle, calculée pour chaque lot privatif déclaré en tant que résidence secondaire, indépendamment de la résidence principale du contribuable.


Le calcul de la taxe d’habitation : quels critères ?


Le montant de la taxe est fixé selon :


  • La valeur locative cadastrale du bien (déterminée par l’administration fiscale sur la base de divers critères comme la surface, les annexes, l’état du bâti, l’emplacement...)
  • Le taux d’imposition décidé par la commune et parfois l’EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale)
  • Les éventuelles majorations ou exonérations spécifiques

En 2024, le taux communal peut être sensiblement plus élevé qu’avant sur les résidences secondaires. Certaines communes touristiques ou en zone tendue appliquent en plus une majoration dite « surtaxe d’habitation » pouvant atteindre +60% de la part communale.


La surtaxe d’habitation sur les logements secondaires : où et pour qui ?


Depuis la loi de finances 2023, le dispositif de « surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires » est étendu et assoupli. Auparavant limitée aux seules communes situées en zone tendue, la faculté de majorer la taxe d’habitation d’un taux compris entre 5% et 60% devient plus accessible. Au total, plus de 4 000 communes sont désormais éligibles.


Ce supplément vise à dissuader la vacance de logements dans les marchés les plus tendus (côtiers, grandes agglomérations, zones touristiques, montagnes et littoral). Les villes fixent librement le taux de majoration selon les besoins locaux de financement et les priorités politiques.


Quels motifs d’exonération ou d’allègement sont applicables ?


Contrairement à la résidence principale, les motifs d’exonération ou de dégrèvement sont rares pour les résidences secondaires. Toutefois, certains cas particuliers existent :


  • Résidence secondaire pour cause professionnelle : le propriétaire ou membre du foyer fiscal est contraint de vivre ailleurs pour raison professionnelle, sans pouvoir loger sa famille dans la résidence principale. Sur demande, un dégrèvement partiel peut être obtenu.
  • Logement laissé vacant indépendamment de la volonté du propriétaire (ex : longue vacance pour des raisons de santé, placement en structure, succession non réglée).
  • Logement réquisitionné par les pouvoirs publics ou classé insalubre/inondable.

Outre ces cas limités, tout autre usage de la résidence secondaire (vacances, week-ends, location saisonnière ou occasionnelle) ne permet pas d’obtenir d’exonération.


Obligations déclaratives et contrôle en 2024


Le fisc a renforcé depuis 2023 les exigences de déclaration sur l’occupation des biens immobiliers. Chaque propriétaire reçoit une demande de déclaration sur son espace en ligne « Gérer mes biens immobiliers » (GMBI) sur impots.gouv.fr. Il doit y renseigner la situation précise de chaque logement : résidence principale, secondaire, bien loué ou vacant.


Une déclaration incorrecte ou absente peut entraîner une requalification du bien et un redressement fiscal, assorti de pénalités. Il est donc essentiel de surveiller le calendrier d’envoi et de bien distinguer chaque usage, surtout dans le cas d’une résidence secondaire multi-usages (personnel et location saisonnière ponctuelle).


En cas de doute sur la situation de votre bien, il est recommandé de consulter un conseiller fiscal ou d’interroger votre centre des impôts.


Taxe d’habitation et location saisonnière : impact pour les propriétaires particuliers


L’essor des plateformes comme Airbnb a généré de nombreuses controverses, la majorité des biens proposés à la location saisonnière restant en fait des résidences secondaires.


  • Si vous louez ponctuellement votre résidence secondaire (quelques semaines par an), vous restez redevable de la taxe d’habitation sur la totalité de l’année.
  • Si vous la louez plus de 120 jours/an ou à l’année : le bien peut être considéré comme non disponible à usage personnel, mais reste en principe soumis à la taxe d’habitation, sauf cas particulier (requalification en local commercial ou meublé de tourisme avec changement d’usage).

En cas de location régulière, la taxe d’habitation ne peut alors être imputée au locataire saisonnier. Il est conseillé de surveiller la réglementation locale, très évolutive, qui peut imposer des mesures restrictives ou des taxes additionnelles pour les logements loués de façon récurrente (notamment dans les grandes villes et stations balnéaires).


Le paiement et les modalités de contestation


La taxe d’habitation sur résidence secondaire est réclamée par avis disponible sur impots.gouv.fr, généralement à l’automne. Le paiement est exigible dans un délai de quelques semaines. En cas de désaccord sur le montant ou le statut du bien, il est possible de formuler une réclamation auprès de l’administration fiscale avec des justificatifs solides (preuve d’usage professionnel, vacance involontaire, etc.).


Attention : le montant de la taxe varie chaque année en fonction des taux votés localement et d’éventuelles évolutions de la valeur locative. Un suivi régulier et l’anticipation d’une hausse – notamment en cas de surtaxe – sont recommandés.


FAQ pratique sur la taxe d’habitation et résidence secondaire


Peut-on déduire les charges de la taxe d’habitation ?

Non, contrairement à la fiscalité locative, la taxe d’habitation n’ouvre pas droit à déduction des charges, quels que soient les travaux ou dépenses effectués sur le bien.


Qu’advient-il en cas de donation ou succession en cours d’année ?

La taxe d’habitation est due par l’occupant au 1er janvier, quel que soit le changement d’occupant survenu après cette date. Le nouvel acquéreur n’est redevable qu’à partir de l’année suivante.


Comment savoir si ma commune applique une surtaxe en 2024 ?

La liste des communes autorisées à appliquer la surtaxe est publiée au Journal officiel et accessible sur le site du Ministère de l’Économie et des Finances. Vous pouvez également consulter la rubrique locale de votre mairie ou service des impôts.


Est-il possible de transformer une résidence secondaire en résidence principale pour éviter la taxe ?

Oui, si vous occupez effectivement le bien au moins 8 mois par an à titre de domicile principal, en modifiant votre déclaration administrative : pensez à prévenir à la fois la mairie et le service des impôts, et à mettre à jour vos preuves d’occupation (factures, contrats énergie, etc.).


Bons réflexes et solutions pour optimiser sa fiscalité


  1. Anticipez toujours l’évolution des taux locaux et la possibilité d’une surtaxe, particulièrement en zone urbaine ou touristique.
  2. Déclarez rigoureusement la situation de chaque bien sur la plateforme des impôts.
  3. Envisagez la location longue durée – via un bail meublé classique – qui peut, sous conditions, permettre la non-assujettissement à la taxe d’habitation si le bien cesse d’être « résidence secondaire » pour le bailleur.
  4. Conservez l’intégralité des justificatifs relatifs à votre usage, à votre emploi et à tout empêchement objectif d’occupation.
  5. En cas de doute ou d’usage mixte, sollicitez un avis motivé auprès d’un expert ou du centre des impôts pour éviter les mauvaises surprises.

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