Diagnostics & normes

Tout savoir sur le diagnostic radon : enjeux et obligations

Par Maxime
6 minutes

Le radon, un risque souvent méconnu dans l’habitat


Invisible, inodore et naturellement présent dans l’environnement, le radon représente un enjeu de santé publique en France. Ce gaz radioactif d’origine naturelle peut s’infiltrer dans les habitations, principalement via les sols et matériaux de construction, exposant les occupants à des risques sanitaires non négligeables. Alors que certaines régions françaises sont particulièrement concernées, la réglementation évolue et le diagnostic radon s’impose progressivement dans l’univers de l’immobilier et de la rénovation. Explications détaillées sur la nécessité de mesurer l’exposition, les obligations légales et les solutions pour se prémunir contre ce polluant invisible.


Qu’est-ce que le radon ?


Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium, présent dans les roches du sous-sol, notamment le granit et le schiste. Il s’échappe du sol et peut s’accumuler dans les bâtiments, principalement dans les pièces en contact direct avec le sol (caves, sous-sols, rez-de-chaussée). La concentration de radon à l’intérieur d’un logement dépend de nombreux facteurs : nature du sol, configuration du bâti, aération, étanchéité, etc.


L’inhalation de radon accroît le risque de cancer du poumon, en particulier pour les fumeurs. L’Organisation mondiale de la santé classe le radon comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac.


Zones à risque et cartographie française du radon


En France, le niveau de risque radon varie considérablement selon la zone géographique. L’État a classé les communes en trois catégories de potentiel radon :


  • Niveau 1 : faible potentiel, vigilance de base
  • Niveau 2 : potentiel moyen, vigilance accrue conseillée
  • Niveau 3 : potentiel élevé, mesures obligatoires pour certains bâtiments

Les régions les plus concernées sont le Massif Central, la Bretagne, la Corse, le Morvan, les Vosges et certains secteurs des Alpes et des Pyrénées. La cartographie officielle, disponible sur IRSN.fr, permet de connaître le potentiel radon de chaque commune.


Diagnostic radon : une nécessité pour la santé des occupants


La prévention du risque radon, longtemps ignorée, devient un enjeu de santé publique incontournable. L’exposition chronique à des concentrations élevées de ce gaz peut entraîner des conséquences graves plusieurs années après, car le radon s’infiltre facilement dans les poumons et irradie les tissus sur le long terme.


Le diagnostic radon est donc recommandé, voire obligatoire, dans de nombreuses situations :


  • Vente ou mise en location d’un bien situé en zone à risque
  • Rénovation lourde ou création d’un local en sous-sol ou en rez-de-chaussée
  • Construction ou extension de bâtiments recevant du public (crèches, écoles, hôpitaux, lieux de travail, etc.) en zone 3
  • Biens avec antécédents d’exposition signalés

Obligations réglementaires : où en est la loi ?


D’après la réglementation française récente :


  • Pour les bâtiments recevant du public situés en zone 3, la mesure du radon est obligatoire tous les 10 ans (ou après travaux modifiant substantiellement le bâti).
  • Dans les ERP (Établissements Recevant du Public) de catégorie 1 à 4 (écoles, crèches, hôpitaux…), la réalisation d’un diagnostic et la mise en œuvre de solutions correctives si nécessaire sont obligatoires en zones à potentiel fort.
  • Pour les logements privés, le diagnostic radon n’est pas encore obligatoire lors de la vente (contrairement à l’amiante, au plomb ou aux termites), mais il fait partie du diagnostic état des risques et pollutions (ERP) lorsque le bien est en zone à potentiel radon 3.
  • La notice d’information ERP donnée à l’acheteur ou au locataire mentionne alors explicitement le niveau de risque local.

À noter que certaines collectivités imposent des mesures renforcées en cas d’opérations immobilières ou lors d’aménagements importants. La tendance est à l’extension du diagnostic radon, dans un souci de meilleure protection sanitaire des occupants.


Comment se déroule un diagnostic radon ?


Le diagnostic radon est une procédure simple, non destructive, qui repose sur la pose de dosimètres (petites pastilles ou boîtiers) dans les espaces de vie. Voici les étapes clefs :


  1. Le diagnostiqueur place un ou plusieurs détecteurs dans les pièces principales (chambres, séjour, couloirs, caves…), conformément à la norme NF ISO 11665-8.
  2. Les détecteurs doivent rester sur place pendant une période de mesure de 2 à 3 mois (entre octobre et avril, pendant les mois de chauffe, pour un résultat fiable).
  3. Une fois la période écoulée, les détecteurs sont récupérés puis analysés en laboratoire agréé pour déterminer la concentration moyenne annuelle de radon, exprimée en Becquerels par mètre cube (Bq/m3).
  4. Le rapport du diagnostic précise les valeurs relevées et propose, en cas de dépassement de certains seuils, des solutions d’amélioration ou des travaux à entreprendre.

Le coût d’un diagnostic radon varie généralement entre 150 et 300 euros, selon la taille du logement et le nombre de pièces à contrôler.


Quels seuils d’alerte et quelles actions en cas de dépassement ?


La réglementation française retient plusieurs niveaux de référence pour la concentration de radon :


  • < 300 Bq/m3 : Niveau considéré comme acceptable.
  • 300 à 1000 Bq/m3 : Niveau nécessitant une vigilance accrue et, en ERP, la mise en place d’actions correctives simples (aération, ventilation).
  • > 1000 Bq/m3 : Niveau problématique, nécessitant des interventions correctives voire des travaux lourds (drainage, étanchéification, ventilation mécanique contrôlée…).

L’OMS préconise une valeur de référence de 100 Bq/m3. Cependant, il n’existe pas de seuil totalement sans danger, et le principe de précaution s’applique systématiquement dès que le dépassement est avéré.


Quelles solutions pour réduire l’exposition au radon ?


En présence de concentrations élevées, plusieurs solutions techniques existent pour diminuer l’exposition :


  • Aération accrue : Ouvrir régulièrement les fenêtres permet de diluer ponctuellement la concentration.
  • Ventilation mécanique : Installer une VMC simple ou double flux, voire une ventilation par dépressurisation du sol, est très efficace.
  • Étanchéification : Reprendre les fissures en pieds de murs, améliorer l’étanchéité des dallages et des planchers bas pour limiter l’entrée du radon.
  • Drainage périphérique : Mettre en œuvre des drains au pourtour du bâtiment, principalement en construction neuve ou lors de rénovations lourdes.

Ces solutions nécessitent souvent l’avis d’un spécialiste et peuvent être accompagnées ou soutenues par certaines aides publiques locales, selon le contexte.


Focus : radon et projets immobiliers


Pour tous les porteurs de projets (achat, vente, rénovation, location), le radon constitue un volet à ne pas négliger, particulièrement en zone à risque :


  • Pour l’acquisition : Privilégier les biens dont le diagnostic a été réalisé récemment et demander à voir le rapport complet.
  • Pour la vente : Faire réaliser le diagnostic en amont est un argument de transparence et de sécurité.
  • Pour la location : S’informer sur le classement de la zone et fournir l’ERP le plus à jour au locataire.
  • Pour la rénovation : Intégrer le traitement du radon (notamment dans le choix de l’étanchéité, de la ventilation) fait partie des bonnes pratiques.

À terme, le diagnostic radon pourrait être intégré de façon obligatoire dans le Dossier de Diagnostic Technique (DDT) lors des ventes, à l’image des autres polluants de l’habitat.


FAQ radon : questions fréquentes des particuliers


Le radon est-il présent partout ?

Non. Les concentrations importantes sont surtout observées dans certains secteurs géologiques. Consultez la cartographie officielle pour votre commune sur IRSN.


Comment savoir si mon logement est concerné ?

Le diagnostic actuel de l’état des risques ERP, ou une mesure spécifique, est la seule façon d’avoir une certitude. En zone 3, effectuer un test est vivement conseillé.


Le radon peut-il être éliminé définitivement ?

On ne peut totalement éliminer le radon, mais il est possible de le maintenir sous des seuils acceptables par des solutions d’aération et d’étanchéité.


À qui faire appel pour un diagnostic fiable ?

Des entreprises spécialisées ou diagnostiqueurs immobiliers certifiés, disposant d’un protocole reconnu et d’un laboratoire partenaire agréé, effectuent ce type de mesure.


Bonnes pratiques et réflexes pour limiter l’exposition


  1. Vérifiez systématiquement la présence du radon dans les documents ERP lors d’un achat ou d’une location.
  2. Pensez à réaliser un test de mesure si le bâtiment est en zone à potentiel radon élevé.
  3. Aérez régulièrement les pièces en contact avec le sol et entretenez vos systèmes de ventilation.
  4. Préférez, lors des rénovations, les solutions d’étanchéité et d’aération performantes.
  5. Renseignez-vous sur les dispositifs d’aide locale pour le traitement du radon.

Pour des informations détaillées, des guides pas à pas et les derniers outils de diagnostic, consultez notre dossier en ligne sur immo-pratique.fr. Nous mettons régulièrement à jour nos ressources pour accompagner propriétaires, acheteurs et locataires face aux enjeux du radon et bâtir un habitat plus sain.

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