Marché & tendances

Immobilier tertiaire : adaptation aux nouveaux modes de travail

Par Maxime
5 minutes

Vers un immobilier tertiaire en mutation : répondre à la révolution des usages

L’immobilier tertiaire fait face à une transformation profonde, accélérée par l’irruption massive du télétravail, l’essor du flex-office, la montée des enjeux RSE et la recherche d’expériences collaboratives nouvelles. Loin d’un simple ajustement esthétique, c’est toute la conception, la gestion et la valorisation des bureaux qui sont repensées. Comment le parc tertiaire, historiquement centré sur le bureau « classique », s’adapte-t-il à ce changement de paradigme ? Immo-pratique.fr dresse un panorama des enjeux, des tendances et des leviers d’action pour propriétaires, investisseurs, occupants et gestionnaires d’actifs.


Du bureau traditionnel au bureau agile : le tournant des années 2020

Pendant des décennies, le bureau tertiaire répondait à une équation simple : des espaces homogènes, avec des surfaces attribuées, des postes fixes et des open-spaces standardisés. Mais le confinement de 2020 a fait exploser ces repères. Les nouveaux enjeux : équilibre télétravail-présentiel, attractivité de l’entreprise, engagement des collaborateurs, sobriété environnementale et adaptation permanente à l’activité.


Trois grandes tendances structurent cette mutation :

  • L’adoption structurelle du télétravail (de 1 à plusieurs jours par semaine pour de nombreuses fonctions)
  • La multiplication des espaces partagés : flex-office, bureaux non attribués, salles de projets ou de créativité
  • La centralité du « bien travailler ensemble » : le bureau comme lieu de rencontre, d’innovation et de culture, non plus simple lieu de production

Conséquence : la demande en m² de bureaux diminue dans de nombreuses métropoles, mais la qualité des surfaces et leur capacité d’adaptation deviennent primordiales.


Quels impacts sur la stratégie immobilière des entreprises ?

Pour les entreprises, la clé est désormais la flexibilité. Finie la gestion patrimoniale figée : il s’agit de piloter l’occupation de ses locaux au plus près des besoins réels, qui peuvent varier rapidement. Cela passe par plusieurs axes :


  • Réduction des mètres carrés inutilisés : ajuster la taille du parc, sous-louer ou céder les volumes non exploités, privilégier la location plutôt que la propriété
  • Aménagements « activables » : bureaux modulables, cloisons mobiles, espaces réversibles accueillant aussi bien réunions, brainstorming, ou travail individuel ponctuel
  • Montée en puissance du multisite : multiplication de « hubs » de travail décentralisés (télécentres, coworking, tiers-lieux), pour réduire les temps de trajet et offrir plus de choix aux salariés
  • Mixité des usages : développement d’immeubles mixtes associant bureaux, commerces, restauration et vie locale, pour créer des « lieux de vie » plus que de simples bâtiments tertiaires

Cette mutation n’est pas sans conséquences sur la stratégie locative, la gestion de la relation bailleur-preneur et les modalités de valorisation des actifs.


Conséquences pour les investisseurs et propriétaires d’immeubles tertiaires

Pour les propriétaires, foncières ou institutionnels, la transformation des usages représente un double défi : préserver la valeur des actifs existants et anticiper les attentes futures du marché.


  • Obsolescence accélérée des immeubles rigides, peu évolutifs ou énergivores : la vacance augmente pour les actifs qui ne répondent plus aux nouveaux standards
  • Besoin de capex (investissements en équipements et modernisation) : pour intégrer plus de flexibilité, de services, de connectivité et de qualité d’air
  • Rendement sous pression : baisse des loyers prime dans certains quartiers d’affaires, montée des franchises et des négociations sur les conditions de sortie
  • Recherche de nouveaux modèles économiques : essor des baux flexibles, espaces opérés en « all inclusive », part croissante de services à valeur ajoutée dans l’offre locative

L’immobilier tertiaire doit donc devenir un outil agile, capable d’attirer mais aussi de fidéliser des entreprises dont les besoins fluctuent.

Les grands quartiers d’affaires repensent d’ailleurs fréquemment leur attractivité globale (mobilités, restauration, espaces verts, accessibilité, vie sociale).


Nouveaux concepts et innovations en matière d’aménagement

  • Flex-office : postes non attribués, réservations « à la demande », zoning adapté aux rythmes de l’équipe
  • Espaces hybrides et tiers-lieux : part croissante des surfaces dédiées à la collaboration, à l’événementiel ou à la détente (bibliothèques, cafétérias, salles de sport…)
  • Design biophilique et confort « well-being » : lumière naturelle, végétalisation, acoustique soignée, mobilier ergonomique
  • Numérique et smart-building : badges intelligents, pilotage énergétique temps réel, management du taux d’occupation, applications de réservation de salles/postes

De nombreux acteurs du secteur accompagnent cette transition : space-planners, architectes d’intérieur, startups du proptech ainsi que les gestionnaires de facility management.


Priorité aux usages et à la qualité : vers un « bureau durable » 

Un nouvel impératif structure le marché : le bureau doit désormais être un cadre de vie propice au bien-être, respectueux de l’environnement et à faible impact carbone. La pression réglementaire (décret tertiaire, obligations de performance énergétique, labels HQE/BBCA/WELL…) s’ajoute à la demande des entreprises et de leurs collaborateurs.


  • Rénovation énergétique massive du parc existant : isolation, gestion des consommations, choix des matériaux
  • Incitations à la certification environnementale
  • Déploiement de solutions pour les mobilités douces, locaux vélos, bornes de recharge électrique
  • Mise en place de chartes d’usage partagées (zéro papier, recyclage, sobriété numérique)

Le bureau devient ainsi un « marqueur social » qui reflète les valeurs et l’engagement collectif de l’entreprise et de son propriétaire.


FAQ pratique autour de la mutation de l’immobilier tertiaire

Quels travaux ou aménagements privilégier pour valoriser un immeuble tertiaire aujourd’hui ?

Priorisez la modularité des espaces (plateaux libres, cloisons amovibles), la rénovation énergétique (isolation, éclairage LED, ventilation performante), la connectivité (fibre, équipements de visioconférence), la création d’espaces collaboratifs et informels ainsi que l’accès à une gamme de services (restauration, sport, conciergerie).


Le flex-office s’adapte-t-il aux petites et moyennes entreprises (PME) ?

Oui, le flex-office se démocratise grâce à la flexibilité des baux, la mutualisation des espaces (coworking, centres d’affaires), et l’offre croissante de surfaces adaptées au travail agile dans le tissu urbain.


Comment concilier l’exigence sanitaire et la convivialité au bureau ?

La tendance est à des espaces moins denses, à la bonne ventilation, à la gestion numérique des flux de personnes, et à la réinvention des lieux de convivialité (salons modulaires, terrasses, espaces ouverts sur l’extérieur).


Faut-il privilégier l'achat ou la location de bureaux en 2024 ?

Les cycles courts et l’incertitude conjoncturelle poussent beaucoup d’entreprises à préférer la location, pour éviter l’immobilisation de capital et conserver de l’agilité. Mais l’achat conserve un intérêt dans les zones où la vacance reste faible et pour les besoins très spécifiques.


Checklist : réussir son adaptation aux nouveaux modes de travail

  1. Réévaluez régulièrement vos surfaces et leurs usages (audit d’occupation, analyse des flux, enquêtes collaborateurs)
  2. Anticipez les obligations réglementaires (décret tertiaire, labels environnementaux, accessibilité)
  3. Priorisez la transformation des espaces existants avant tout investissement dans du neuf
  4. Négociez avec le bailleur sur la flexibilité des baux, les franchises, les options de sortie
  5. Misez sur la qualité de services : conciergerie, mobilité, restauration, bien-être
  6. Faites appel à des professionnels de l’aménagement ou du facility management intégrant ces nouveaux enjeux

Pour aller plus loin : ressources et outils pratiques

Retrouvez sur immo-pratique.fr des études détaillées, des benchmarks d’immeubles tertiaires innovants, des guides d’audit d’occupation, et des checklists pour accompagner propriétaires et occupants dans la transformation de leurs bureaux.
Le magazine partage aussi des retours d'expérience sur le flex-office, la rénovation énergétique, et les stratégies locatives adaptées à la nouvelle donne économique et sociale.


  1. Entrez dans une démarche proactive d’adaptation : la valeur de votre actif dépend de sa capacité à accueillir les usages de demain, pas d’hier.
  2. Associez systématiquement vos collaborateurs ou locataires à la réflexion : l’adhésion est la clé de la réussite du projet de transformation.
  3. Ne négligez pas l’accompagnement professionnel : architectes, space planners, AMO et facility managers sont vos alliés pour passer du projet à la réalité.
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