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Location longue durée : quelles garanties demander au locataire ?

Par Maxime
6 minutes

Louer en toute sérénité : comment sécuriser la relation bailleur-locataire ?

Mettre son bien en location longue durée représente un engagement important pour tout propriétaire. Si l’objectif est d’assurer la rentabilité du logement, la véritable préoccupation reste la sécurisation des revenus locatifs dans la durée. Quelles garanties choisir pour louer sans craindre loyers impayés, dégradations ou litiges ? Tour d’horizon des solutions disponibles, de la candidature à la signature du bail, dans l’intérêt de toutes les parties.


Vérifications essentielles avant la signature : le dossier locataire à la loupe

Toute démarche de sécurisation débute dès la constitution du dossier du futur locataire. Il s’agit d’une étape clé où l’exigence ne doit pas rimer avec discrimination, mais avec rigueur et équité.


Que peut-on légalement demander ?

  • Une pièce d’identité : carte nationale, passeport, titre de séjour.
  • Justificatif de domicile actuel : quittances de loyer ou attestation d’hébergement, factures récentes d’eau/gaz/électricité.
  • Justificatifs de situation professionnelle : contrat de travail, attestation d’employeur ou extrait K-bis pour indépendant, carte d’étudiant pour les jeunes.
  • Derniers bulletins de paie : en général trois derniers mois.
  • Dernier avis d’imposition : évaluation globale des ressources annuelles.

Le bailleur ne peut exiger certains documents jugés abusifs ou sensibles (relevés bancaires intégraux, attestation d’absence de crédit… consultez la liste officielle).


Les critères de sélection objectifs à prioriser

  • Stabilité des revenus : il est courant d’attendre un revenu mensuel au moins égal à trois fois le montant du loyer.
  • Situation professionnelle : CDI, fonctionnaire, auto-entrepreneur confirmé, retraité, garant, alternant selon la nature du bail.
  • Historique locatif : une attestation ou la présentation des trois dernières quittances prouve l’absence de problème passé.

Dépôt de garantie : la première barrière en cas de dégradation ou d’impayé

Versé à l’entrée dans les lieux, le dépôt de garantie est une somme destinée à couvrir d’éventuels manquements du locataire : loyers ou charges impayés, frais de réparation ou de remise en état au départ.


  • Montant légal : plafonné à un mois de loyer hors charges pour une location vide, deux mois dans le meublé : il ne peut être dépassé.
  • Restitution : sous un mois après état des lieux de sortie conforme, ou deux mois en présence de réserves motivées. Les retenues sont justifiées par factures ou devis.

Le dépôt participe à la solvabilisation du locataire, mais ne saurait à lui seul compenser un défaut durable de paiement ou des dégradations majeures.


La caution solidaire : un engagement familial ou amical fort

Très répandue en France, la caution (ou garant) permet au bailleur de se tourner vers une personne tierce (souvent un parent ou proche) pour réclamer le paiement du loyer et des charges si le locataire fait défaut.


  • Engagement écrit : la caution signe un acte de caution solidaire annexé au bail, qui précise la durée (illimitée ou non), la nature de l’obligation et le montant maximal garanti.
  • Plafonds et droits : on peut refuser une caution si le candidat est déjà couvert par une garantie loyers impayés, sauf étudiant ou apprenti. À chaque fois, la capacité financière du garant doit être vérifiée avec la même exigence que celle du locataire principal.

En pratique, la présence d’un garant solide rassure le propriétaire, surtout lorsque le locataire n’est pas en CDI ou débute dans la vie active.


Garantie loyers impayés (GLI) : l’assurance privée du bailleur

Ce dispositif facultatif, mais de plus en plus populaire, est proposé par des assureurs ou des mutuelles immobilières. Il permet au propriétaire de percevoir les loyers dus même si le locataire ne paie pas. C’est aujourd’hui l’outil privilégié des investisseurs souhaitant professionnaliser leur gestion locative.


Comment fonctionne-t-elle ?

  • Sélection du locataire : souvent encadrée par des critères exigeants (revenus stables, absence d’incident bancaire ou contentieux locatif antérieur), à vérifier via l’assureur avant validation du bail.
  • Prix : la cotisation oscille entre 2,5% et 4% du loyer annuel. Elle est à la charge du propriétaire et ne peut être répercutée sur le locataire.
  • Couverture : la GLI prend en charge les loyers impayés, les dégradations locatives et parfois les frais de procédure et de recouvrement selon les contrats.
  • Montants assurés et franchises : veillez à comprendre délais de carence et plafonds d’indemnisation avant de souscrire.

Bon à savoir : la GLI et la caution ne sont cumulables que dans certains cas très encadrés (notamment pour les étudiants ou apprentis).


Autres garanties spécifiques : solutions alternatives à explorer


La caution Visale : une aide gratuite pour certains profils

Dispositif géré par Action Logement, Visale offre une garantie de paiement des loyers durant 36 mois au maximum pour les jeunes de moins de 30 ans, salariés précaires, fonctionnaires en mobilité ou nouveaux recrutés. Elle rassure le bailleur tout en facilitant l’accès au logement à des publics jugés plus fragiles.


  • Elle remplace la caution traditionnelle et est simple à mettre en œuvre : le locataire effectue la demande en ligne, puis reçoit une attestation à remettre au propriétaire.
  • La demande et la gestion des incidents se font essentiellement via la plateforme numérique, avec une réponse rapide.

Le garant payant : plateformes de garantie locative

Des solutions privées comme GarantMe ou Unkle proposent de se porter caution en échange d’une contribution financière du locataire. À privilégier lorsque le candidat ne dispose pas d'un garant personnel satisfaisant.


Bailleur : comment choisir les garanties les mieux adaptées à votre besoin ?

Choisir la « bonne » garantie dépend du profil du locataire, de la localisation et du niveau de risque que le propriétaire est prêt à accepter.


  • Pour une location classique (salarié en CDI) : une sélection rigoureuse et un dépôt de garantie suffisent souvent. La GLI offre néanmoins un « confort » supplémentaire.
  • Pour étudiant, alternant, jeune actif : le recours à une caution solide ou à Visale est conseillé.
  • Pour les situations atypiques : indépendants, intermittents, étrangers : la plateformisation des garanties (Visale ou garant payant) peut fluidifier la relation.

Attention : la sélection des locataires doit être objective et documentée pour éviter toute accusation de discrimination. Il est interdit de refuser une candidature pour des motifs relatifs à l’origine, la religion, l’apparence physique, etc.


Quelles limites et précautions avec les garanties locatives ?

Peu importe la solution mise en place, aucune garantie n’est d’une efficacité absolue. Le risque zéro n’existe pas en immobilier : une défaillance, un sinistre ou une fraude restent possibles. Voici les réflexes à adopter :


  • Rédigez un état des lieux entrant détaillé, annexez toutes les pièces justificatives et tenez vos échanges par écrit.
  • Re-lisez le contrat de bail et les actes de cautionnement avec attention : tout oubli ou ambiguïté peut se retourner contre le bailleur.
  • Restez vigilant dans la gestion : attention aux retards de paiement et privilégiez le dialogue précoce en cas de difficulté du locataire.

FAQ pratique : sécuriser sa location longue durée


Peut-on demander plusieurs garants ?

Oui, la loi n’interdit pas plusieurs cautions. C’est fréquent pour les colocations. Toutefois, on ne peut pas réclamer un garant si on a déjà souscrit une GLI, sauf exceptions (étudiant, apprenti).


Le locataire peut-il assurer le paiement du loyer via sa propre assurance ?

Certains locataires disposent d’une assurance « impayés locatifs ». Le bailleur peut l’accepter ou conserver sa propre garantie, mais il doit toujours veiller à être clairement bénéficiaire de l’indemnisation en cas de problème.


Et si le dépôt de garantie ne couvre pas les dégâts ?

Le propriétaire doit alors réclamer au locataire la différence par lettre recommandée. Faute de règlement, il peut engager une procédure devant le tribunal d’instance.


Combien de temps garder les quittances et justificatifs ?

Il est conseillé de conserver tous les documents liés au bail (dossier, quittances, état des lieux, échanges) pendant au moins trois ans après le départ du locataire, délai légal de prescription en matière locative.


Conseils pratiques pour une location longue durée sereine

  • Sélectionnez les dossiers avec objectivité et méthode, mais sans excès de zèle discriminatoire.
  • Privilégiez les rencontres en personne pour vérifier la cohérence des informations.
  • Consultez régulièrement les listes officielles des pièces demandables et tenez-vous au courant des dispositifs (Visale, GLI) qui évoluent.
  • En cas de doute, faites étudier vos documents par un professionnel (notaire, juriste, agence spécialisée).
  • Négociez chaque clause (caution, garantie, état des lieux) dans l’intérêt commun pour éviter tout conflit ultérieur.

Résumé : réussir sa mise en location sans risque

  1. Analysez soigneusement le dossier locataire avant sélection.
  2. Demandez un dépôt de garantie à chaque nouvelle entrée dans les lieux.
  3. Privilégiez la caution ou la garantie Visale selon le profil du locataire.
  4. Souscrivez une assurance loyers impayés si le bien est exposé à un risque accru.
  5. Formalisez vos échanges, respectez la réglementation et ajustez votre stratégie selon les évolutions du marché et du droit.

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