Les enjeux d’une sélection rigoureuse des locataires en 2024
Mettre son bien en location représente un engagement important, qu’on soit bailleur particulier ou investisseur chevronné. En 2024, la complexité accrue du marché locatif, la montée des impayés et l’exigence croissante des locataires renforcent l’importance d’un processus de sélection solide et équitable. Choisir le bon occupant, c’est limiter les risques financiers, garantir la pérennité de son investissement et préserver la qualité de la relation bailleur-locataire.
Découvrons ensemble les meilleures étapes, pratiques et astuces pour sécuriser vos locations tout en restant conforme à la réglementation actuelle.
Définir un cadre sérieux avant les visites
Avant même d’organiser la première visite, il est essentiel de poser les bases de votre sélection. Cela commence par une annonce claire et complète, fixant vos attentes dès le départ :
- Type de dossier souhaité (locataire seul, en couple, colocation, garant...)
- Niveau de revenus minimum (souvent x2,5 à x3 le loyer charges comprises)
- Durée de bail envisagée
- Nature de la location (vide/meublée, résidence principale/étudiante...)
- Règles de vie spécifiques (animaux acceptés, non-fumeurs selon règlement...)
Transparence rime avec gain de temps : indiquez aussi l’ensemble des frais (loyer, charges, montant du dépôt de garantie, honoraires le cas échéant) et préparez une liste de documents à fournir (voir plus bas). Plus votre cadre est précis, moins vous aurez de candidats peu adaptés lors des visites.
Gérer efficacement les réponses à l’annonce
Les bons biens attirent rapidement des dizaines de demandes. Pour trier efficacement :
- Préférez les contacts écrits : cela laisse une trace et permet de juger du sérieux (orthographe, argumentaire, réactivité)
- Privilégiez les messages personnalisés, évitez les réponses copiées-collées
- Demandez une présentation succincte (situation professionnelle, nombre d’occupants, durée souhaitée, si animal domestique...)
Évitez les préjugés et restez strictement sur le critère objectif : stabilité de la situation, cohérence entre la capacité financière du dossier et le montant du loyer.
Préparer une check-list de documents à demander
Le cadre légal en 2024
La loi encadre strictement la liste de pièces justificatives exigibles par le bailleur : interdiction de demander certains documents « sensibles » (RIB, photographie, extraits de compte bancaire, attestation de bonne conduite, casier judiciaire, etc.). Assurez-vous toujours d’utiliser la liste officielle fixée par le décret n°2015-1437 et actualisée.
Principaux documents légaux autorisés :
- Justificatif d’identité en cours de validité
- Justificatif de domicile actuel (quittance, attestation d’hébergement...)
- Trois derniers bulletins de salaire et/ou contrat de travail (ou justificatif d’activité indépendante)
- Dernier avis d’imposition complet
- Justificatifs de garanties supplémentaires (caution solidaire, Garant institutionnel, Visale...)
Point d’attention : sélectionner équitablement
Il est strictement interdit de discriminer un candidat sur l’origine, la situation familiale, la religion, le genre, la santé ou toute circonstance privée. Restez concentré sur les critères objectifs de solvabilité et de stabilité.
Analyser les dossiers : méthodes et vigilance
Vérification de la solvabilité
L’un des critères centraux reste le rapport revenus/loyer : généralement, un revenu représentant au moins trois fois le loyer charges comprises est un gage de solidité. Mais cela doit s’apprécier au cas par cas (CDD récurrent, intérim, alternance, retraite ou étudiant avec garant fiable…).
Privilégiez la cohérence d’ensemble plutôt qu’un seul critère :
- Revenus stables sur plusieurs mois
- Nature du contrat de travail (CDI, durée du CDD, ancienneté...)
- Niveau d’endettement apparent ou charges fixes (prêts en cours, pensions versées...)
- Réseau de garant solide ou garantie institutionnelle (ex : dispositif Visale élargi en 2024)
Détecter les faux documents
La fraude documentaire étant en hausse, contrôlez systématiquement :
- La cohérence entre bulletins de salaire/avis d’imposition/contrat
- La qualité graphique des documents (logos, filigranes, formats)
- L’adresse et l’existence de l’employeur (appel discret possible au service RH ou vérification sur société.com)
- La date (attention aux bulletins obsolètes, contrats en fin de période d’essai…)
En cas de doute, des prestataires spécialisés (start-up, plateformes web) proposent désormais une vérification en ligne, rapide et conforme au RGPD. La vigilance à cette étape protège durablement votre patrimoine.
Organiser la visite et décrypter l’attitude du candidat
Ce que la visite révèle vraiment
La visite reste un moment clé d’échange et de ressenti mutuel. Soyez attentif :
- Préparez votre bien : propreté, aération, dossier d'information (DPE, charges, règlement...)
- Accueillez le candidat à l’heure prévue, observez ponctualité et politesse
- Observez ses questions : quelqu’un qui s’intéresse sincèrement à l’état de la copropriété, des équipements, du quartier est souvent un locataire impliqué
- La visite doit susciter un dialogue, pas un interrogatoire : écoutez son projet, ses contraintes éventuelles
Comment arbitrer en cas de demandes multiples ?
Ne vous précipitez pas sur le premier dossier arrivé : attendez d’avoir plusieurs candidats sérieux et comparez objectivement. Préférez la solidité et la stabilité à la montée des enchères, quitte à prendre quelques jours de réflexion.
En cas d’ex æquo, la lettre d’intention ou la recommandation d’un précédent propriétaire peut aider à trancher.
Privilégier les nouvelles garanties locatives
Visale, GarantMe, etc. : des solutions modernes pour sécuriser son bail
En 2024, de nouveaux dispositifs viennent renforcer la sécurité du bailleur :
- Garantie Visale : gratuite, désormais accessible à une part croissante de locataires (jeunes travailleurs, salariés précaires, étudiants). Elle couvre les impayés et dégradations jusqu’à 36 mois.
- GarantMe et homologues : contre rémunération, ces prestataires proposent de se porter caution certifiée après audit du dossier
- Assurance loyers impayés (GLI) : adaptée pour les profils sans garant solide, elle indemnise le propriétaire lors des premiers retards, frais juridiques inclus
Là encore, il est déconseillé de cumuler caution solidaire et assurance GLI (sauf cas très particuliers ou bail étudiant). Lisez bien les clauses d’exclusion et conditions d’éligibilité avant de contractualiser.
Sécuriser juridiquement la relation dès le bail
Un contrat conforme à la loi
Utilisez systématiquement un modèle à jour (type loi ALUR/Elan), identifiant précisément le logement, le loyer, les charges, et mentionnant tous les documents remis au locataire.
N’oubliez pas les annexes obligatoires :
- Dossier de diagnostics techniques (DPE, ERP, électricité/gaz si applicable)
- Etat des lieux détaillé (entrée ET sortie, photographié de préférence)
- Règlement de copropriété le cas échéant
- Notice d’information sur les obligations du locataire/bailleur
La remise d’un dossier complet prévient bien des conflits futurs et protège le propriétaire en cas de procédure judiciaire. Pensez aussi à permettre le paiement du loyer de façon traçable (virement automatique, plateforme spécialisée) pour éviter tout litige lié à la preuve du paiement.
Anticiper la gestion et le suivi de la location
Un bon locataire se fidélise aussi par une gestion réactive des demandes et un dialogue constructif. Privilégiez :
- La disponibilité lors de l’état des lieux et des premières questions
- L’envoi des quittances dans les délais, la clarté de la répartition des charges
- L’intervention rapide en cas de problème d’entretien courant
Le climat de confiance instauré est souvent le meilleur « filet de sécurité » à long terme : il incite le locataire à bien se comporter, à prévenir d’éventuelles difficultés de paiement et à respecter le bien.
FAQ pratique : réponses aux interrogations courantes du bailleur
Puis-je choisir un locataire sans CDI ?
Oui, à condition que sa situation globale soit solide (alternance avec bon garant ou Visale, freelance avec anciens bilans stables, retraité avec pension sécurisée, etc.). L’essentiel est la capacité à honorer le loyer, pas uniquement la nature du contrat.
Suis-je obligé d’accepter la garantie Visale ?
Aucune obligation, mais refuser un dossier seulement sur la base de l’utilisation de Visale (sans autre motif valable) peut être interprété comme discriminatoire. À étudier de bonne foi, surtout si le dossier est complet par ailleurs.
Peut-on refuser un locataire sur la base de critères personnels ?
Non, la loi interdit strictement toute sélection sur des critères autres que la solvabilité, la capacité à payer et à respecter le logement. Les bailleurs s’exposent à des sanctions sévères en cas de discrimination.
Conseils pratiques pour bien choisir ses locataires
- Tenez un tableau comparatif (revenus, ancienneté, type de garant/assurance, qualité du contact)
- Vérifiez systématiquement l’authenticité des documents
- Privilégiez la communication et recherchez la transparence de part et d’autre
- N’oubliez pas la souscription à une assurance propriétaire non occupant (PNO)
- Informez le locataire du fonctionnement de la copropriété dès l’arrivée pour éviter les malentendus
- Devancez les impayés par un paiement automatique et régulier
En résumé : sélectionner en 2024, c’est anticiper, sécuriser, dialoguer
- Définissez vos critères clairement dans l’annonce
- Privilégiez la vérification méthodique des dossiers
- Utilisez les outils modernes de garantie (Visale, GLI, tiers de confiance)
- Signez un bail conforme, complet et sécurisé
- Faites preuve de réactivité et d’écoute dès l’installation
Conseil pratique : Consultez les modèles de checklists, tableaux comparatifs et guides de sélection sur immo-pratique.fr, inspirez-vous des retours d’expérience d’autres bailleurs dans la rubrique « Gestion locative » et restez toujours informé des évolutions réglementaires pour une location sans mauvaise surprise.