Financement

Les nouvelles tendances du financement participatif dans l’immobilier

Par Maxime
5 minutes

Investir dans l’immobilier autrement : le boom du financement participatif


Alternative innovante à l’investissement traditionnel, le financement participatif, ou crowdfunding, poursuit son essor dans le secteur immobilier en France. Ce mode de collecte de fonds, accessible à tous grâce au numérique, bouleverse durablement les codes de l’investissement, des promoteurs et des particuliers, en offrant de nouveaux leviers de placement ou de financement de projets immobiliers. Découvrons les grandes tendances qui structurent en 2024 ce marché en pleine expansion, ses opportunités, ses risques et les bonnes pratiques.


Du simple attrait pour le rendement à la diversification : ce qui séduit les investisseurs


Le financement participatif immobilier consiste à réunir sur une plateforme des investisseurs particuliers autour d’un projet précis : construction ou rénovation d’immeubles résidentiels, tertiaires, commerces, etc. Chaque participant peut investir à partir de quelques centaines ou milliers d’euros, mutualisant ainsi les risques avec d’autres « créanciers » ou « actionnaires » selon la formule choisie.


Ses valeurs ajoutées expliquent un succès grandissant :


  • Accessibilité financière : il n’est plus nécessaire de disposer d’un capital important pour investir dans la pierre.
  • Rendement attractif : selon les plateformes, les taux d’intérêt bruts proposés oscillent entre 8% et 11% par an, pour des durées de placement généralement courtes (12 à 36 mois).
  • Transparence : les projets, leur plan de financement, les porteurs et le suivi d’avancement sont détaillés sur les sites spécialisés.
  • Diversification : possibilité de panacher son portefeuille entre plusieurs opérations (logement neuf, bureaux, réhabilitation…), zones géographiques et promoteurs.

Les différents modèles de crowdfunding immobilier


Le financement participatif immobilier se décline principalement selon trois schémas :


  • Le crowdfunding en obligations ou en prêt (crowdlending) : les particuliers prêtent de l’argent à un promoteur ou un marchand de biens, en échange d’intérêts définis à l'avance. À l’issue de l’opération, le capital est remboursé en une seule fois, intérêts compris.
  • L’investissement en capital (crowdequity) : une part du capital de la société porteuse du projet est ouverte aux investisseurs, qui deviennent actionnaires (avec plus ou moins de poids sur les décisions selon les montages juridiques). Le retour sur investissement dépend alors du succès commercial ou locatif de l’opération.
  • L’achat collectif de biens (co-acquisition) : bien que moins répandu, ce modèle permet aux particuliers de se regrouper pour acheter un bien (immeuble, local commercial), en vue de sa location et de la perception de loyers (avec sortie à terme).

La majorité des projets proposés aux particuliers porte sur des émissions obligataires, plus simples à encadrer, plus liquides et garanties par le porteur du projet.


Comment fonctionne un investissement type ?


  1. Sélection et analyse du projet par la plateforme : chaque dossier est audité (promoteur, montage, viabilité financière et légale, garanties).
  2. Souscription ouverte sur le site pendant quelques semaines/mois : l’investisseur choisit le montant à placer.
  3. Collecte des fonds : la somme visée est atteinte (ou non, selon l’appétence des internautes).
  4. Réalisation du projet : suivi en ligne de l’avancement, rapports et photos à chaque étape-clé (achat foncier, permis, travaux, commercialisation).
  5. Sortie : remboursement du capital et des intérêts, généralement à la livraison ou à la vente du programme immobilier.

Le ticket d’entrée, le rendement, la durée, la fiscalité attendue et les modalités de remboursement sont toujours précisés en amont.


Un marché en forte croissance : chiffres-clé et perspectives


Selon le baromètre 2024 de l’association Financement Participatif France, la collecte de fonds pour l’immobilier a doublé sur les trois dernières années, avoisinant 2 milliards d’euros levés en 2023, contre à peine 400 millions en 2017. Plus de 300 000 investisseurs français y ont eu recours, soit en diversification, soit comme placement principal. Les projets financés sont désormais visibles dans toutes les régions, portés majoritairement par des PME du BTP et de la promotion locale.


La règlementation s’est également structurée autour du statut européen de “Prestataire de Services de Financement Participatif” (PSFP), imposant une plus grande transparence et plus de sécurité pour les particuliers.


Les grandes tendances qui transforment le crowdfunding immobilier


  • Montée en gamme des projets proposés : de plus en plus d’opérations structurantes (résidences étudiantes, hôtels, réhabilitations en centre-ville, développement de parkings, immobilier durable…)
  • Focus sur la “pierre verte” : nombreux projets “verts” ou Bâtiment Bas Carbone (BBC), associant critères énergétiques, labellisation environnementale et responsabilité sociale.
  • Fractionnement du ticket d’entrée : certains sites proposent d’investir à partir de 100 €, démocratisant encore plus l’accès au marché.
  • Intégration accrue de la digitalisation : souscription 100 % en ligne, reporting détaillé, outils de simulation et espace personnel pour piloter et suivre ses placements en temps réel.
  • Mise en réseau d’épargnants et de professionnels : certains acteurs misent sur la communauté et le partage d’expériences d’investisseurs, pour mieux informer sur les risques et inciter à la prudence.

Quels risques et comment bien se protéger ?


Comme tout investissement, le crowdfunding immobilier implique des risques :


  • Risques de perte en capital ou de retard de remboursement : l’échec du projet (permis non délivré, commercialisation trop lente, défaillance du promoteur) peut entraîner le non-remboursement tout ou partie de l’apport.
  • Absence de garantie de rendement : les rendements annoncés ne sont jamais “assurés” et restent fonction du succès réel des opérations.
  • Risque d’illiquidité : sauf rares exceptions, il n’est pas possible de récupérer son capital avant l’échéance prévue.

Pour investir prudemment, il convient de :


  • Répartir ses apports entre plusieurs projets, promoteurs et plateformes.
  • Lire attentivement les informations, la structuration des opérations et les garanties réelles proposées.
  • Opter pour des opérateurs enregistrés à l’ORIAS et/ou agréés PSFP, dont le sérieux est vérifié.
  • Fixer un plafond d’exposition totale, en ne dépassant pas une part trop élevée de son patrimoine financier.

Crowdfunding : pour quels profils et quels objectifs ?


  • Investisseurs débutants ou petits porteurs : le crowdfunding permet de se familiariser avec l’univers immobilier sans prise de risque excessive, grâce à la diversité et à la facilité d’accès.
  • Épargnants recherchant du rendement à court terme : placements sur 1 à 3 ans, sans engagement dans la gestion concrète d’un bien.
  • Connaisseurs de la pierre : possibilité de contribuer au financement d’opérations innovantes ou à impact local (rénovation énergétique, habitat inclusif), parfois dans leur commune.

Questions fréquentes sur le financement participatif immobilier


Quels sont les frais ?

La plupart des plateformes ne facturent pas de frais directs aux investisseurs. Elles se rémunèrent auprès des porteurs de projet. Il peut y avoir des frais sur les sorties anticipées ou les reversements bancaires.


Faut-il déclarer les gains au fisc ?

Oui. Les intérêts perçus relèvent du PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique ou “flat tax”) à 30 %. Les éventuelles pertes peuvent, dans certains cas, être imputables fiscalement.


Peut-on investir plusieurs fois sur la même plateforme ?

Absolument. Il est même conseillé de diversifier entre les projets. Pensez à bien respecter vos capacités d’épargne.


Y a-t-il des plateformes connues et fiables ?

Oui, des acteurs comme Homunity, Fundimmo, ClubFunding ou Raizers figurent parmi les plus actifs et reconnus, tous agréés par l’AMF ou conformes à la réglementation européenne.


Checklist et bonnes pratiques pour se lancer


  1. Définir une enveloppe adaptée à votre situation et vos objectifs.
  2. Comparer les plateformes, leurs taux de défaut, l’ancienneté, la clarté des process et le niveau d’accompagnement proposé.
  3. Évaluer soigneusement chaque projet (solidité des garanties, réputation du promoteur, état d’avancement, zone géographique…).
  4. Garder une trace de chaque placement (contrat signé, justificatifs de virement, reporting).
  5. Suivre l’actualité réglementaire : en 2024, le cadre européen impose davantage d’informations contractuelles et de transparence sur les risques.

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