Diagnostics & normes

Assainissement non collectif : quelles obligations de diagnostic avant la vente ?

Par Maxime
5 minutes

L’assainissement non collectif lors d’une vente immobilière : une étape obligatoire

La vente d’un bien immobilier n’est jamais un simple transfert de propriété, et certaines spécificités juridiques exigent une vigilance accrue, parmi lesquelles le diagnostic d’assainissement non collectif (ANC). Cette obligation concerne tous les logements non raccordés au tout-à-l’égout, qui disposent donc de leur propre système de traitement des eaux usées, comme une fosse septique. Quelles sont les démarches précises à effectuer avant la vente d’une maison équipée d’un ANC ? Quelles conséquences en cas de non-respect de cette exigence réglementaire ? Voici un guide complet pour comprendre et sécuriser votre transaction.


Comprendre l’assainissement non collectif : de quoi s’agit-il ?

En France, environ 5 millions de logements ne sont pas reliés à un réseau public d’assainissement (le tout-à-l’égout). Ces habitations, situées majoritairement en zones rurales ou périurbaines, sont dotées d’un système d’assainissement non collectif chargé de traiter localement les eaux domestiques usées (lavabos, douches, toilettes, cuisine).
Les installations les plus courantes sont :

  • La fosse toutes eaux, avec épandage ou filtre compact ;
  • Les micro-stations d’épuration ;
  • Les systèmes de phytoépuration.

Leur bon fonctionnement est essentiel, non seulement pour la salubrité de l’habitat mais également pour la protection de l’environnement et l’absence de pollution locale (nappes phréatiques, sols, rivières).


Pourquoi un diagnostic obligatoire ?

Pour éviter les risques sanitaires et écologiques, la loi impose, depuis 2011, la réalisation d’un diagnostic d’assainissement non collectif lors de toute vente d’un bien non raccordé au tout-à-l’égout (article L1331-11-1 du Code de la santé publique et articles L271-4 et suivants du Code de la construction et de l’habitation).
L’objectif est double :

  • Informer l’acquéreur sur l’état et la conformité du dispositif existant ;
  • Prévoir, si nécessaire, les éventuelles mises aux normes après l’achat.

Ce diagnostic s’ajoute donc au Dossier de Diagnostic Technique (DDT), aux côtés du DPE, de l’état des risques, du diagnostic électricité/gaz ou termites.


Qui réalise ce diagnostic et selon quelles modalités ?

Le diagnostic d’assainissement non collectif n’est pas effectué par un diagnostiqueur immobilier classique, mais par le Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) de la commune ou de l’intercommunalité.
Les grandes étapes :

  1. Prise de rendez-vous avec le SPANC, généralement plusieurs semaines à l’avance.
  2. Visite sur place du technicien qui contrôle l’installation : état général, conformité réglementaire, absence de pollution, accessibilité pour entretien, etc.
  3. Remise d’un rapport de visite, précisant si l’installation est conforme, s’il existe des risques sanitaires ou environnementaux, s’il faut prévoir des travaux.

Ce rapport a une validité de trois ans. S’il date de plus de trois ans lors de la signature de l’acte, un renouvellement est nécessaire.


Quelles informations le diagnostic doit-il contenir ?

Le rapport établi par le SPANC doit comporter :

  • Un descriptif précis du système existant ;
  • Son état d’entretien et de fonctionnement ;
  • L’éventuelle non-conformité aux prescriptions réglementaires ;
  • Les dysfonctionnements, risques de pollution ou dangerosité ;
  • Les préconisations de travaux à effectuer, avec niveau de priorité.

Le rapport est transmis au vendeur, qui doit obligatoirement le joindre au DDT remis à l’acheteur avant la signature de la promesse ou de l’acte de vente définitif.


En cas de non-conformité : quelles conséquences pour vendeur et acquéreur ?

Il est fréquent, notamment dans certaines régions, que les installations anciennes ne respectent plus les normes en vigueur. Si le rapport du SPANC révèle cette non-conformité, la vente reste possible, mais l’acheteur doit impérativement être informé de la situation.
La loi prévoit alors :

  • L’obligation pour l’acquéreur de réaliser les travaux de mise en conformité dans un délai d’un an suivant l’acte authentique (article L1331-11-1 du Code de la santé publique).
  • Le SPANC vérifie, après ce délai, la bonne exécution des travaux.

Le coût des travaux n’est donc (sauf clause spécifique au compromis de vente) pas à la charge du vendeur. Néanmoins, il n’est pas rare que la négociation du prix tienne compte des frais à prévoir, certains acheteurs demandant une réduction équivalente au devis des travaux à réaliser.


Absence de diagnostic : quels risques ?

Ne pas remettre le diagnostic d’assainissement non collectif ou utiliser un rapport périmé constitue une irrégularité de la vente, exposant le vendeur à plusieurs risques :

  • L’acheteur peut exiger une réduction du prix de vente a posteriori, voire l’annulation de la vente pour vice caché.
  • Un recours en justice est possible si le bien n’est pas conforme et que cela entraîne un préjudice (frais importants, pollution du voisinage, etc.).

Du côté de l’acheteur, un défaut de travaux après l’achat peut entraîner une amende administrative, voire une interdiction d’utilisation de l’installation.
Une vigilance s’impose donc pour sécuriser la transaction de part et d’autre.


Procédure pratique : les étapes pour un diagnostic sans faille

  1. Anticipez : Prenez contact avec le SPANC de votre commune dès que la mise en vente se profile.
  2. Préparez la visite : Rendez accessibles toutes les parties de l’installation (regards, dispositifs d’épuration, évents). Rassemblez vos documents d’entretien et factures.
  3. Gardez le rapport : Faites-en des copies, à joindre à chaque compromis ou acte, et à conserver en archive.
  4. Discutez clairement en cas de non-conformité : Chiffrage des travaux, clause au compromis si besoin.

FAQ pratique sur l’assainissement non collectif avant la vente

Doit-on refaire un diagnostic si le rapport a moins de trois ans ?

Non, la validité d’un diagnostic ANC est de trois ans. Toutefois, il est conseillé de vérifier qu’aucune modification du système n’est intervenue et que le rapport correspond toujours à la réalité.

L’installation peut-elle être « non conforme mais sans danger » ?

Oui, il arrive que le dispositif ne respecte plus les normes actuelles mais ne présente pas (encore) de danger immédiat ou de pollution : le SPANC l’indique dans le rapport. Les travaux peuvent alors être moins urgents, mais demeurent obligatoires dans l’année suivant l’achat.


Peut-on vendre sans réaliser de diagnostic ANC ?

C’est illégal. La non-remise du diagnostic expose le vendeur à des poursuites et l’acheteur à un risque juridique accru.


Quel est le coût d’un diagnostic ANC ?

Les tarifs varient selon la commune et la complexité de l’installation : de 100 € à 250 € en général. Ce coût reste à la charge du vendeur.


Bonnes pratiques et astuces pour vendeurs et acquéreurs

  • Entretenez régulièrement votre système ANC : un entretien suivi justifie d’une meilleure valorisation du bien et réduit les risques de dysfonctionnement au moment du diagnostic.
  • Vérifiez les modalités de financement des travaux à venir (primes, aides locales, prêts verts) en cas de non-conformité.
  • Envisagez une clause spécifique au compromis si d’importants travaux de mise aux normes sont identifiés.
  • Retracez l’historique de l’installation (factures, contrats d’entretien, PV de contrôles antérieurs) pour valoriser le sérieux de votre démarche auprès de l’acheteur.
  • Pensez à demander (pour les acquéreurs) conseil auprès du SPANC ou d’un professionnel avant achat, notamment sur la faisabilité et le coût des travaux éventuels, en particulier dans les zones à contraintes topographiques.

En résumé

  1. Le diagnostic d’assainissement non collectif est une obligation légale avant toute vente d’un bien non raccordé au réseau public.
  2. Il doit être réalisé par le SPANC, dater de moins de trois ans, et être joint au DDT remis à l’acheteur.
  3. La non-conformité entraîne une obligation de travaux pour l’acquéreur, dans l’année suivant la vente.
  4. Le défaut de diagnostic emporte des conséquences lourdes en termes de responsabilité et de sécurité juridique.
  5. Anticipation, transparence et accompagnement local restent les meilleurs alliés pour une transaction sereine et conforme.

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