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Les frais annexes à l'achat immobilier : guide complet

Par Maxime
5 minutes

Anticiper les frais annexes lors d’un achat immobilier : l’essentiel à savoir


Devenir propriétaire d’un bien immobilier, que ce soit pour y vivre ou investir, implique bien plus que le paiement du prix d’achat affiché. Une multitude de frais annexes s’ajoute et peut rapidement peser sur le budget global d’acquisition. Comprendre leur nature et leur montant est un préalable primordial pour éviter les mauvaises surprises et affiner son plan de financement.


Quels sont les frais d’acquisition ? Décryptage poste par poste


En France, les frais annexes à l’achat immobilier représentent en général 7 à 8 % du montant du bien dans l’ancien, et environ 2 à 3 % dans le neuf. Leur composition diffère selon la nature du logement acquis. Tour d’horizon détaillé des principaux postes à intégrer dans son calcul :


Les frais de notaire : un passage obligé


  • Dans l’ancien : ils regroupent les droits de mutation (ou "frais de notaire" stricto sensu), les débours (sommes avancées pour le compte de l’acquéreur) et la rémunération du notaire (émoluments).
  • Dans le neuf : les droits de mutation sont réduits, ce qui fait baisser significativement le montant global des frais. En pratique, on parle souvent de « frais de notaire réduits » (autour de 2,5 % au lieu de 7 à 8 %).

À noter : le notaire collecte la majorité de ces sommes pour l’État et les collectivités, sa rémunération ne représentant qu’une faible part.


Les frais de garantie liés au crédit immobilier


Paysan clé du budget, les frais de garantie assurent la banque en cas de défaut de remboursement. On distingue :


  • L’hypothèque : inscription prise sur le bien acquis. Nécessite un acte notarié et engendre des frais de mainlevée à la revente.
  • Le privilège de prêteur de deniers (PPD) : réservé à l’achat d’un bien ancien (hors travaux importants). Moins coûteux que l’hypothèque mais uniquement applicable dans certains cas.
  • La caution mutuelle : assurance privée proposée par des organismes spécialisés (ex : Crédit Logement). Son coût varie selon le montant emprunté et le profil de l’acquéreur. Elle ne passe pas par le notaire.

Les frais bancaires et d’assurance


  • Les frais de dossier : facturés par la banque pour l’étude et la mise en place du prêt immobilier. Comptez de 500 à 1 000 €, parfois négociables.
  • L’assurance emprunteur : exigée pour couvrir le remboursement du crédit en cas de décès, invalidité ou incapacité de travail. Son tarif dépend de l’âge, de la santé, du capital emprunté et de la quotité choisie. Elle peut être souscrite auprès de la banque prêteuse ou d’un assureur alternatif grâce à la loi Lemoine.

Frais spécifiques selon la nature de l’opération


Selon que l’on achète dans l’ancien, dans le neuf ou en VEFA (vente en état futur d’achèvement), certains frais annexes diffèrent :


  • Frais de syndic et charges anticipées : dans le collectif (appartements en copropriété), l’acquéreur doit parfois rembourser au vendeur la quote-part des provisions déjà réglées, ou verser des avances de trésorerie.
  • Frais de livraison ou de mise en service : dans le neuf ou les programmes VEFA, comptez la taxe d’aménagement, éventuellement la quote-part de voirie ou d’équipement collectif, et divers frais d’ouverture (compteurs d’eau, d’électricité, de gaz, etc.).
  • Honoraires d’agence immobilière : s’ils ne sont pas à la charge du vendeur, ils s’ajoutent au prix et varient en général autour de 3 % à 8 % selon la localisation, le type de mandat et la négociation.

Frais annexes parfois oubliés par les acquéreurs


Outre les frais incontournables, il faut anticiper quelques postes souvent sous-estimés lors du premier achat :


  • Coûts liés au déménagement : location de camion, prestation de déménageur, assurance, frais d’état des lieux si vous quittez une location…
  • Frais de raccordement : pour l’eau, l’électricité, le gaz, la fibre… Particulièrement à prévoir dans le neuf ou dans les zones semi-rurales.
  • Taxe foncière : à compter de la signature, vous serez redevable de cette taxe locale, souvent proratisée l’année de l’acquisition. Prévoyez le paiement en fin d’année.
  • Éventuelles taxes d’habitation pour les résidences secondaires ou selon la situation fiscale des occupants.
  • Copropriété : fonds de travaux (loi ALUR) : certains immeubles exigent le versement initial au fonds de travaux de la copropriété, obligatoire depuis la loi ALUR.
  • Diagnostics obligatoires : si le vendeur ne vous fournit pas un dossier à jour, il faudra le faire réaliser (amiante, plomb, DPE, etc…).
  • Frais de rachat ou de remboursement anticipé : si vous revendez rapidement ou remboursez un crédit existant, une indemnité de remboursement anticipé peut s’ajouter.

Exemples chiffrés : estimer le montant global des frais annexes


Cas pratique 1 : achat dans l’ancien, à 250 000 €

  • Frais de notaire : ≈ 7 % soit 17 500 €
  • Garantie PPD : ≈ 0,8 % soit 2 000 €
  • Frais de dossier bancaire : 800 €
  • Assurance emprunteur (sur 20 ans, 0,30 %) : 15 000 € au total mais part souvent payée mensuellement
  • Honoraires d’agence (mandat à 5 %) : 12 500 €
  • Total frais hors assurance : autour de 33 000 €

Cas pratique 2 : achat en VEFA, à 300 000 €

  • Frais de notaire : ≈ 2,5 % soit 7 500 €
  • Garantie bancaire (caution) : entre 1 500 et 3 000 €
  • Frais de raccordement (eau/énergie) : environ 1 500 €
  • Taxe d’aménagement : variable (consulter la mairie), parfois plusieurs milliers d’euros
  • Total frais annexes : 10 000 à 15 000 € hors honoraires d’agence éventuels

Anticiper pour mieux négocier : conseils pratiques


  1. Réalisez un budget prévisionnel précis en listant chaque poste, en lien avec le bien visé.
  2. Négociez la prise en charge des honoraires d’agence ou des frais de garantie avec le vendeur ou l’établissement financier.
  3. Comparez les offres d’assurance emprunteur et laissez jouer la concurrence grâce à la délégation permise par la loi Lemoine.
  4. Pensez au financement des frais de notaire : certaines banques acceptent de les inclure dans le montant emprunté (attention à l’impact sur le taux d’endettement).
  5. Informez-vous sur l’éligibilité à certaines exonérations ou dispositifs d’aides (prêt à taux zéro, TVA réduite, etc.).

FAQ : réponses aux questions fréquentes sur les frais annexes


Peut-on réduire les frais de notaire ?

La rémunération du notaire est encadrée par l’État, mais il est possible d’optimiser certains postes : par exemple, en dissociant le prix du mobilier du prix immobilier (cuisine, électroménager, meubles intégrés…) jusqu’à 5 % du prix total du bien, car ils ne sont pas soumis aux droits de mutation. Demandez conseil à votre notaire avant la signature.


Les frais de notaire sont-ils les mêmes pour une résidence principale ou secondaire ?

Oui, leur calcul dépend de la nature du bien (neuf ou ancien), non de l’usage futur. Seules la TVA et certaines taxes locales peuvent varier.


Que peut-on négocier lors de l’achat ?

Outre le prix de vente, tentez de négocier la répartition des frais d’agence, ou encore la prise en charge des petits travaux ou diagnostics manquants. Avec le banquier, discutez des frais de dossier, du type de garantie (caution vs hypothèque) et des conditions de remboursement anticipé du prêt.


Peut-on financer les frais annexes à crédit ?

En général, les banques acceptent d’inclure les frais de notaire et d’agence dans le prêt immobilier, sous conditions. Cela augmente néanmoins le coût total du crédit. Faites jouer la concurrence et demandez toujours plusieurs simulations de financement.


Comment éviter les mauvaises surprises lors de l’achat ?

  • Exigez un état précis des charges et provisions de copropriété, et des éventuels travaux votés.
  • Faites-vous remettre l’ensemble des diagnostics à jour.
  • Interrogez la mairie sur les taxes locales (taxe foncière, taxe d’aménagement, taxe sur les logements vacants…)
  • Demandez les contrats de maintenance, de services et les coûts d’énergie récents du bien.

Synthèse : bien préparer son achat immobilier


L’achat d’un bien immobilier est un projet d’envergure qui implique une vision globale du budget, au-delà du simple prix affiché. Prendre en compte tous les frais annexes permet d’acheter en confiance, de négocier efficacement et d’assurer la viabilité de son projet sur le long terme. Pour aller plus loin, dossiers pas à pas, fiches pratiques, simulateurs de frais d’acquisition et conseils d’experts sont à retrouver sur immo-pratique.fr pour accompagner chaque étape de votre parcours d’acquéreur.

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